« J’ai tellement pleuré à la fin » : Louane se confie sur son tournage « magique » aux côtés de Michel Blanc (EXCLU)

Publié le 9 octobre 2023 à 7:27
Alexandre Isard pour Télé 7 Jours
En plus de la sortie de la réédition de son album "Sentiments", Louane est à l’affiche de Marie-Line et son juge, au côté de Michel Blanc, en salle le 11 octobre.

La dualité qu’on évoquait dans vos chansons, on la retrouve chez Marie-Line, votre personnage dans Marie-Line et son juge, en salle le 11 octobre. Qu’est-ce qui vous a plu chez elle ? 

J’ai aimé le scénario tout de suite. Mais elle n’est pas moi et je ne suis pas elle. On n’est pas nées pareil. Ce qui nous rapproche en fait, c’est que je lui donne des choses de moi. Mais on est tellement différentes. Elle a un truc que moi je n’ai jamais eu. Et c’est horrible, c’est un peu prétentieux ce que je vais dire, mais je n’ai jamais eu envie de me laisser porter. Avant qu’elle fasse la rencontre de sa vie, elle se laisse porter. Par désespoir. Elle croit que tout est déjà écrit quoi. Dans son esprit, elle ne s’en sortira pas, et c’est ok. Dans sa vie, elle va juste devoir survivre. C’est un truc que je n’ai jamais eu. Ce que j’aime chez elle, c’est le fait qu’elle s’ouvre petit à petit pour pouvoir justement se sortir de cette routine-là qui n’est pas quelque chose qui lui correspond. Et j’aime le fait qu’elle soit hyper volubile, qu’elle soit authentique, qu’elle ne réfléchisse pas, qu’elle est naïve en fait.

En revanche, les thématiques du film vous rapprochent. Le deuil d’êtres chers, celui de l’enfance…

Ça, ça été l’enfer dans ma vie. Le deuil de mon enfance a été hyper compliqué, mais il est fait. Il s’est opéré grâce à mon métier. Cela fait 10 ans que je le fais et 10 ans que je vis une vie d’adulte. Depuis mes 16 ans. Ça a été intense, j’ai mis du temps à l’accepter et aujourd’hui je suis très heureuse d’être une adulte. Et c’est mon métier qui m’a fait basculer, un peu brutalement, dans cette vie-là. Pas les épreuves que j’ai vécues (la mort de ses parents, ndlr). Au contraire, quand tout ça est arrivé, je me suis sentie comme un bébé. Ça ne m’a pas fait grandir, ça m’a appris à avoir du recul. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, je ne me suis jamais sentie fragile. J’ai toujours accepté le fait que j’étais une fille pleine de mélancolie, pleine de tristesse. Et ça, honnêtement, avant même qu’il m’arrive ces drames. Mais à aucun moment dans ma vie, je me suis sentie fragile. Vulnérable, ça oui, peut-être.

Le film parle aussi du fait de partir, couper le cordon avec pas mal de choses…

Et ça, ça m’a parlé. A 16 ans, je l’ai fait pour rejoindre Paris. Le film montre que ça peut être une bonne décision de partir. C’est important quand on n’est pas bien dans une relation, et je ne parle pas forcément d’une relation amoureuse. Je pense que le fait de partir, ça permet plein de choses. Et ça ne veut pas dire ne jamais revenir. Mais il le faut parfois pour réaliser ses rêves et se réaliser soi-même. C’est hyper important.

Il me semble qu’avec Michel Blanc, vous avez noué une jolie relation… 

Qu’est-ce que je l’aime !

Il dit de vous : "Maintenant que je la connais, je peux vous dire qu’elle est extraordinaire. Il émane d’elle une force de vie dingue. C’est une boule de volonté. J’admire ça. Moi, je suis beaucoup moins fort que ça. Elle m’a beaucoup bluffé de ce point de vue-là. C’est une battante. Elle a d’ailleurs failli casser la gueule d’un type qui prenait une photo volée. J’ai cru qu’elle allait lui en mettre une et je pense qu’il l’aurait senti passer". Que s’est-il passé ? 

(Elle rit) J’étais dans une tenue qui n’était pas particulièrement facile pour moi à ce moment-là. Une des tenues de Marie-Line qui, comment dire, aime bien être à moitié à poil (elle rit). Ce qui n’est pas forcément mon cas. Mais c’est ok. En revanche, on respecte les gens. Et un mec est arrivé pour prendre une photo. Il était très visible avec son téléphone en face de ma tête, et ça, je ne l’ai pas supporté. J’avais l’impression d’être dans un zoo. Il aurait pu me demander, il n’y a pas de souci, la plupart du temps je dis oui. Donc là j’ai dit non et je lui ai dit de se casser.

Anecdote à part, pourquoi Michel vous voit comme une battante selon vous ? 

Je ne sais pas. Peut-être parce que je ne ferme pas ma gueule. S’il y a un problème, je vais toujours être la première à vouloir résoudre les choses. En tout cas, c’était tellement magique comme tournage. J’ai tellement pleuré à la fin, j’étais si triste que ça se termine. Ça ne m’était jamais arrivé. Jean-Pierre Améris, le réalisateur, est un homme tellement doux et à la fois il a une poigne hyper intéressante, il guide tellement bien ses acteurs, et est vraiment aux petits soins avec les gens. Et Michel… je l’appelais Mich Mich au bout de 15 jours et tout le monde m’a emboité le pas (Elle rit). Je crois qu’il m’a appris le cinéma. Dans le sens où, évidemment, j’ai tourné avec des gens incroyables. Si on parle de Karine Viard et François Damiens (pour La famille Bélier, ndlr), c’était exceptionnel. Mais j’ai joué avec leurs mains. Je ne m’étais jamais pris des "balles", des "punchlines". J’ai découvert une autre façon de jouer dans ma vie. Ça a allumé un truc en moi. J’étais tellement bien, tellement à l’aise.

Par
Jérémy Parayre