Hugo Cabret (France 2) – Martin Scorsese : « Je me suis tout de suite reconnu dans Hugo »

Mis à jour le 13 janvier 2026 à 15:30
Cette adaptation d’un livre pour enfants a permis au réalisateur américain de témoigner de ce qu’il doit au cinéma et à l’enchanteur Georges Méliès. Cinq oscars en 2012.

La tour Eiffel sous la neige, le long « tuuuuut » d’un train qui résonne dans le lointain, le son d’un accordéon… Bienvenue à Paris dans les années 30, dans une gare où se croisent les voyageurs. C’est là que vit seul, depuis la mort de ses parents, Hugo Cabret, joué par Asa Butterfield. Il a 12 ans. Passionné de mécanique, l’orphelin passe son temps à remonter une à une toutes les horloges de la gare, et tente de réparer un automate légué par son père, et qui ne fonctionne qu’avec une clé en forme de coeur. Mais celle-ci est introuvable. Pour survivre, Hugo chaparde de la nourriture et « emprunte » des outils au propriétaire du magasin de jouets situé près des voies. Le vieil homme est ronchon, un peu amer. Son nom : Georges Méliès (interprété par Ben Kingsley). Comme le célèbre prestidigitateur et cinéaste parisien… 

“Hugo Cabret, c’est moi !” 

« Un jour, on m’a offert L’Invention de Hugo Cabret, le livre de Brian Selznick, et ce fut un choc, une révélation, se souvient Martin Scorsese. Je me suis tout de suite reconnu dans Hugo : sa solitude, son lien avec le cinéma, les rouages de la créativité… » Ce livre, publié en France en 2007, s’inspire de l’histoire vraie de Georges Méliès, réalisateur de plus de six cents films, dont Le Voyage dans la Lune en 1902. Ce poète de l’image, inventeur de mille et un trucages enchanteurs, avait été complètement oublié après la Première Guerre mondiale. Ruiné, délaissé, l’artiste s’était marié avec l’une de ses anciennes actrices, Jeanne d’Alcy, qui vendait des sucreries et des jouets dans une boutique de la gare Montparnasse… 

Une gare imaginaire 

Si Martin Scorsese a vraiment quelques petits problèmes avec la géographie parisienne, sa gare apparaissant à l’image aussi bien à l’est qu’à l’ouest de Paris, c’est qu’elle n’existe pas ! Elle a été entièrement reconstituée en stuc en Grande-Bretagne, dans les studios londoniens de Pinewood, omais aussi Star Wars VII : Le Réveil de la Force. En revanche, si vous regardez bien, tous les textes, des enseignes jusqu’aux menus des restaurants, sont rédigés en français. Sans faute d’orthographe ou d’accord. Le cinéaste et l’équipe du film sont même venus à Paris tourner quelques séquences dans le centre de la capitale, à la Sorbonne et à la bibliothèque Sainte-Geneviève. 

Une locomotive qui s’envole… 

La scène la plus spectaculaire dure à peine plus d’une seconde, mais elle a demandé quatre mois de travail ! Une locomotive et ses wagons s’envolent littéralement pour venir tout défoncer et fracasser la verrière de la gare. Dans la réalité, la maquette ne mesurait que 4,5 mètres de long. Martin Scorsese s’est inspiré d’un accident similaire qui s’est réellement déroulé à la gare Montparnasse, le 22 octobre 1895, avec le train express N° 56 en provenance de Granville. 

Hugo Cabret, dimanche 25 décembre à 13h50 sur France 2

Par
Frédérick Rapilly