Un film pour sa fille…
À 69 ans, Martin Scorsese, loin de la noirceur de sa filmographie (Les Affranchis, Casino…), signe, pour la première fois, une oeuvre apaisée, destinée au jeune public. « J’ai réalisé Hugo Cabret pour ma fille, Francesca, qui a 12 ans. Devenu père à un âge tardif, je redécouvre la vie sous un autre angle, elle me redonne le goût du neuf, le sens de l’émerveillement… » Lorsque Francesca lui a dit : « Ce sera en 3D », il a reçu le message 5 sur 5. « J’ai toujours aimé l’illusion de la profondeur de la 3D, c’était l’occasion ou jamais. » Pas sans difficulté : « Cette technique change tout, il a fallu que je réapprenne mon métier ! »
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Un duo prometteur
Quand Hugo, l’Oliver Twist de la gare Montparnasse, rencontre Isabelle, la filleule de Georges Méliès, sa vie s’illumine enfin. « Dès qu’Asa Butterfield est entré dans la pièce, j’ai su que c’était lui. Avec Chloë Grace Moretz, le courant est tout de suite passé. » La valeur n’attendant pas le nombre des années, les comédiens, âgés de 13 ans, imposent leur talent. Asa s’est illustré récemment dans la série Sex Education (Otis, c’est lui), et Chloë a sa place dans le carré VIP de Hollywood
Un autoportrait émouvant
« La lecture de L’Invention de Hugo Cabret, le roman graphique de Brian Selznick, fut un choc, une révélation : je me suis reconnu dans Hugo : sa solitude, son lien avec le cinéma », raconte le réalisateur. Il a aussitôt l’envie de porter à l’écran l’histoire de cet orphelin dans le Paris de 1931, qui se lie d’amitié avec le pionnier du 7e art, reconverti en vendeur de confiseries et de jouets dans la gare Montparnasse.
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Un vibrant hommage à Georges Méliès
Ben Kingsley incarne le premier magicien du 7e art, qu’Hugo fréquente sans savoir qu’il est l’auteur de plus de cinq cents films, dont Voyage dans la Lune. « Je suis fasciné par l’oeuvre de Méliès. Il a tout inventé… », confie Scorsese, qui se souvient du jour où, enfant, il a ri aux éclats quand la fusée se plante dans l’oeil de l’astre. Avec un soin maniaque, le réalisateur reconstitue plusieurs scènes des films de Méliès qui, ruiné et dans l’oubli, a vu, au soir de sa vie, son génie enfin célébré.
Marty in Paris
« Mon Paris est la ville du cinéma », explique le cinéaste, qui a recréé la capitale en s’inspirant des décors de Sous les toits de Paris, de René Clair. « J’ai filmé quatre jours à Paris, dont la bibliothèque de la Sorbonne… » Et dans le quartier de l’Opéra, où plusieurs rues ont été relookées. Toutes les images ont été retravaillées par ordinateur. Du grand art.
Hugo Cabret, dimanche 20 octobre à 21h00 sur Arte
JULIEN BARCILON