En fanfare (Canal+) – Pierre Lottin joue-t-il vraiment du trombone dans le film ?

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:31
Canal+ programme ce soir la comédie sociale En fanfare. Pierre Lottin et Benjamin Lavernhe sont au diapason, dans cette histoire qui croise les univers d’un chef d’orchestre et d’une fanfare. À la fois drôle et poignant.

Succès surprise et massif de fin 2024, avec plus de 2,6 millions d’entrées, En fanfare s’est immédiatement imposé comme un petit classique de comédie dramatique et sociale. On y suit Thibaut, chef d’orchestre de renommée internationale (joué par un  Benjamin Lavernhe des grands jours), qui apprend sur le tard avoir été adopté, et se découvre un frère, Jimmy, ( Pierre Lottin, intense et touchant). Celui-ci vit dans un autre monde : modeste employé de cantine scolaire dans le Nord de la France, il joue du trombone dans la fanfare de Walincourt.

L’amour commun de la musique va rapprocher ces deux hommes que tout semble séparer. L’idée a germé dans l’esprit du réalisateur, Emmanuel Courcol, il y a une dizaine d’années, alors qu’il intervenait en tant que consultant sur un scénario, autour d’un groupe de majorettes et de sa fanfare, à Tourcoing. « J’avais été frappé par la chaleur de l’accueil et la force des liens qui unissaient cette communauté. De cette collaboration était né le concept d’une rencontre improbable de cet univers populaire avec un chef d’orchestre classique », se souvient l’auteur de l’excellent Un triomphe (2021). 

LA PERLE RARE DE LALLAING 

Huit ans plus tard, l’envie de donner vie à cette histoire renaît, et Courcol s’associe à sa coscénariste, Irène Muscari. La relation fraternelle devient le fil rouge du récit et le duo se met à chercher une fanfare qui corresponde à leurs aspirations. C’est finalement à Lallaing, près de Douai, qu’ils trouvent la perle rare : « Un jour, on s’est retrouvés chez eux, comme Benjamin dans le film. Immédiatement, les gens se sont montrés accueillants, charmants. Pour moi, le choix était évident, j’avais trouvé la fanfare de Walincourt. C’est donc eux que l’on voit jouer dans le film. »

Des acteurs non professionnels, forcément un peu intimidés, mais bien aidés par l’implication des deux acteurs principaux qui les entourent… Benjamin, musicien à ses heures perdues, est coaché durant des mois par un véritable chef d’orchestre : « Il fallait que je crée l’illusion la plus juste possible, mais que je trouve aussi le style de mon personnage dans l’exercice de sa profession », confie l’acteur. Son perfectionnisme était tel que « s’il faisait une erreur, l’orchestre se plantait », s’amuse le cinéaste.

Quant à Pierre Lottin, il suit durant plusieurs mois des cours de trombone afin de pouvoir assurer ses prises sans doublure. « C’est un musicien dans l’âme, autodidacte. Il n’a fait aucun conservatoire, mais il compose et joue du piano et possède un très bon niveau. » 

Au-delà de la partition musicale du film, essentielle, le cinéaste tenait surtout à maintenir un fil ténu entre comédie, volet social et drame. Sans pour autant faire pleurer gratuitement dans les chaumières : « On joue avec des choses très délicates et il faut savoir déjouer le pathos dès qu’il pointe son nez. A contrario, je me méfie du fameux feel good movie, trop guimauve. Si le film touche, comme je l’espère, c’est grâce à l’émotion et à l’humanité de personnages dans lesquels on se retrouve. » Pari plus que réussi.

En fanfare, vendredi 26 septembre à 21h10 sur Canal+

Par
François Léger