Cro Man (Gulli) – Nick Park : « Cro Man est un croisement entre Gladiateur et Dodge Ball »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:27
Ce soir sur Gulli, on craque tous pour l’humour bon enfant et la créativité visuelle de cette joyeuse fable préhistorique. Avec Cro Man, on a tous l’âge de jouer à la pâte à modeler !  

Au commencement était le foot… 

Saviez-vous qu’une météorite, tombée sur Terre à l’âge de pierre, est à l’origine de la création du plus populaire jeu de ballon de l’Histoire de l’humanité ? La preuve par Cro Man et les gravures rupestres imaginées par Nick Park, l’heureux papa loufoque de Wallace & Gromit, de Chicken Run et de Shaun le mouton, trois des hits mondiaux des studios Aardman, qui ont donné à la pâte à modeler ses lettres de noblesse. Une des inventions savoureuses et des anachronismes bidonnants de cette plongée dans la préhistoire à hauteur de figurines en plasticine animées, image par image, selon la technique du Stop motion. 

Pour le Grand manitou du studio british, plusieurs fois oscarisé, « Cro Man est un croisement entre Gladiateur et Dodge Ball ». Autrement dit, le rejeton improbable du péplum et de la comédie hautement régressive ! Tentant, non ? Rejoignez donc, en toute confiance, l’intrépide et fûté Doug, toujours flanqué de son fidèle sanglier Crochon, vraiment « cro mignon ». Il est notre Ulysse des cavernes, avec la voix de Pierre Niney, en VF, dans cette odyssée de « l’homofootballus », pleine d’humour, visuellement ultra séduisante et pétrie de talent.

À eux la victoire… ou les cartons ! 

Pour sauver son village peuplé d’irréductibles hommes des cavernes aussi mauvais chasseurs de lapins que doués pour le beau jeu, Doug n’a rien de trouver de plus nigaud que de miser l’avenir de sa vallée sur l’issue d’un match contre une équipe super entraînée, qui vit déjà à l’âge de bronze. Défi er sur son terrain l’affreux lord Noz, qui lorgne sur leur terre riche en minerais, est 100 % kamikaze. Comme David, celui qui terrassera Goliath dans l’antiquité, n’était pas né, difficile d’imaginer une issue heureuse !

Du grand art(isanat) 

Le goût du bel ouvrage, du fait-main couture, de la bricole orfèvre, du carton-pâte stylé, de l’art ludique composent l’ADN des studios de Bristol qui, depuis un demi-siècle, nous épatent par leur savoir-faire inouï, leur patte inimitable, que l’on retrouve dans toutes leurs pépites d’animation. Chaque personnage dessiné par Nick Park devient une figurine de fil de fer et de pâte à modeler. Quelque 273 marionnettes, dont 12 pour Doug, auront nécessité 30 mois de travail. À l’écran, elles sont manipulées avec une précision chirurgicale par 33 animateurs. Chaque geste, expression, regard est filmé image par image. Chacun tourne 2 à 3 secondes par jour ! Park reconnaît une entorse à la plasticine : « Nous avons utilisé des images numériques pour recréer la foule du stade. Sinon le film serait sorti en 2115 ! » Plus de 18 mois seront nécessaires pour le mettre en boîte. Les décors, dont le stade de foot inspiré de celui de Wembley, se déploient sur 4 800 m2, soit 4 piscines olympiques. Sorti en 2018, ce projet de titan d’une infinie minutie aura exigé 6 ans de labeur ! 

Cro Man, dimanche 19 octobre à 21h05 sur Gulli 

Par
Julien Barcilon