Après Titanic, il y a vingt-cinq ans, c’est la seconde fois que James Cameron vous fait tourner dans l’eau. Y voyez-vous un message caché ?
Kate Winslet : Non, je ne crois pas ! (Rires) J’aime les défis physiques, et James le sait. On se connaît depuis si longtemps… C’est une chance incroyable de continuer à travailler dans cette industrie, avec des gens auxquels on est attaché depuis des décennies et qui vous ont vu grandir.
Qu’est-ce qui vous a touchée chez votre personnage, Ronal ?
J’aime le fait que ce soit une femme puissante et fière. Elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense, elle ne craint pas de diriger avec intégrité. Et c’est une mère remarquable, elle fait tout pour protéger sa famille.
À quel point est-ce spécial de travailler sur un plateau comme celui d’Avatar ?
C’est une expérience hors norme. Grimper sur des rampes et imaginer que ce sont les marches de votre maison, regarder l’eau, au loin, qui n’existe pas… Une fois que l’on a enfilé son costume de motion capture, programmé par ordinateur, on est libre de bouger à sa guise. Il pouvait y avoir jusqu’à 200 caméras autour de nous et un mur de techniciens penchés sur leur écran en permanence, c’était fou !
Pour le film La Montagne entre nous (2017), de Hany Abu-Assad, vous avez réalisé vous-même les cascades. Pour Avatar 2, vous avez réussi à rester sept minutes et quatorze secondes en apnée. Où trouvez-vous les ressources pour relever ces défis ?
J’ai compris que l’on n’avait qu’une vie et qu’il fallait en profiter. Je dis souvent à mes enfants : « Bravo ! Je suis fière de vous ! » et j’ai aussi envie qu’ils me disent la même chose.
Vous êtes un exemple en tant qu’actrice et en tant que femme. Cela vous a-t-il demandé beaucoup d’efforts pour en arriver là ?
Mais cela m’en demande encore ! (Rires) Je me sens plus courageuse aujourd’hui. À 20 ans, je me disais : « Quand j’aurai 40 ans, j’aurai tout vécu, je commencerai à décliner. » Mais ce sont des conneries ! (Rires) Je me sens plus puissante et sexy que jamais ! J’ai envie de continuer à me découvrir.
Vous avez coproduit un documentaire sur l’écroulement écologique de la Terre, Manger nous mènera à l’extinction. Militer, c’est votre second métier ?
Je suis passionnée par de nombreux sujets et assez courageuse pour dire les choses et engager des débats avec des gens haut placés. Oui, je suis dans cette phase de ma vie maintenant.
Vous avez de nombreux projets, dont des séries avec HBO, qui a produit Mare of Easttown. Et vous avez tourné avec votre fille de 22 ans, Mia Threapleton, dans la fiction anglaise, I Am… Est-ce une bonne ou une mauvaise idée de travailler en famille ?
Excellente ! Je me suis tant reconnue en elle. Moi aussi, j’étais très nerveuse sur mes premiers tournages. C’était un projet éprouvant : il n’y avait pas de scénario, nous devions sans cesse improviser et, parfois, l’inspiration n’était pas au rendez-vous. Mais ce fut incroyable de la regarder faire. Pendant certaines scènes, je me disais : « Mon dieu, ma fille est douée ! »
Avatar : La Voie de l’eau, mercredi 14 juin à 21h10 sur Canal+
INTERVIEW A. SCHERER