Mare of Easttown (Canal+) : Kate Winslet avoue s’être inspirée de son père… « Il va être furieux que je dise cela aux journalistes »

Publié le 20 janvier 2022 à 13:28
© 2020 HBO
La comédienne porte de bout en bout ce polar en sept épisodes, dans lequel elle enquête sur un meurtre. Le décor ? Une bourgade de l’Amérique profonde…

“J’ ai toujours voulu être flic. Je ne m’attendais pas à ce que tout le reste s’écroule de façon aussi spectaculaire." Ces mots, désabusés, ce sont ceux de Marianne Sheehan, surnommée Mare. Ce personnage, qu’incarne Kate Winslet, est un sergent de police chargé de résoudre une sordide affaire de meurtre dans une petite ville de Pennsylvanie. Une très jeune fille, Erin, mère d’un petit garçon, vient d’être découverte dans les bois, près d’Easttown. Morte. Avec un doigt amputé. Un an plus tôt, une autre jeune fille, Katie, avait disparu sans laisser de traces. Ce fait divers a profondément marqué les consciences.

 

L’enquête de Mare, malgré les efforts de cette dernière, n’a encore rien donné. Et voilà que cette affaire de meurtre lui tombe dessus, alors que sa vie perso est en vrac. Car Mare est encore en deuil. Son propre fils, jeune père d’un petit garçon, s’est suicidé. Son mari l’a quittée, pour s’installer dans une maison toute proche, et s’apprête à se remarier. Sans oublier sa mère, envahissante, qui s’est installée chez elle pour l’aider à s’occuper de son petit-fils. Il y a des vies moins compliquées… À sa façon. Parfois brutale. N’hésitant pas à mener une arrestation de routine dans un restaurant, à passer les menottes, devant les clients, à une simple suspecte. Provoquant ainsi le ressentiment de ses voisins, de ses amis, aussi, parfois. 

Son père pour modèle 

Dans le rôle, Kate Winslet, 46 ans, coproductrice de la série, est tout simplement saisissante. On est évidemment loin, très loin de l’image glamour de Titanic, le film qui fit d’elle une star, en 1997, au côté de Leonardo DiCaprio. Yeux cernés, mine de papier mâché, cheveux blond fillasse et fagotée comme l’as de pique, dans des jeans et des tee-shirts informes, Kate s’est emparée de ce rôle. Sans chercher à livrer une performance, mais plutôt à s’approcher au plus près du personnage. "Mare est une femme qui ne cuisine pas, qui ne fait pas attention à ce qu’elle met dans sa bouche et qui, sans doute, oublie parfois de se nourrir, explique-t-elle. Donc, quand elle mange, elle s’aperçoit qu’elle crève de faim, et se fout alors de ce qu’elle ingurgite.

Pour se glisser dans la peau de ce personnage, Kate ne s’est pas contentée d’apprendre à parler américain avec l’accent dit Delco, celui des gens de cette région de Pennsylvanie. Elle a aussi travaillé sa posture, sa façon de bouger, pour donner de l’épaisseur, une forme de lourdeur à Mare. Comme modèle, l’actrice n’a pas cherché très loin : elle s’est inspirée de son père, Roger Winslet. "Il va être furieux que je dise cela aux journalistes, s’amuse Kate, mais mon père me rappelle effectivement beaucoup Mare. Il bouge, mange et parle comme elle, vous savez, la bouche pleine… À table, on lui dit tout le temps : "Papa !" Résultat : ce polar créé par Brad Ingelsby, à l’intrigue complexe et passionnante, tourné entre l’automne 2019 et le début du printemps 2020, insuffle un vrai sentiment d’empathie pour ce personnage de femme flic abîmée par la vie. Mare surnage, en essayant d’accomplir son travail et de s’occuper de ses proches, comme elle peut…

Mare of Easttown : jeudi 20 janvier à 21h10 sur Canal+

Frédérick Rapilly 

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