Festival de Cannes – Laurent Lafitte s’exprime sur son regret lors de sa première expérience en tant que maître de cérémonie : “J’ai obéi aux codes”  

Publié le 13 mai 2025 à 16:15
Castel Franck/ABACA
Du 13 au 24 mai 2025, la Croisette accueille la 78e édition du Festival de Cannes. C'est Laurent Lafitte qui est le maître de cérémonie de cette édition et il est revenu sur la première fois qu'il s'est prêté à cet exercice. 

Du 13 au 24 mai 2025, la Croisette accueille la 78e édition du Festival de Cannes, rendez-vous incontournable du 7e art mondial. Fidèle à sa réputation, l’événement mêle tapis rouge, avant-premières prestigieuses, hommages aux légendes du cinéma et émergence de nouveaux talents venus des quatre coins du globe. C’est Laurent Lafitte qui a été choisi pour être le maître de cérémonie de cette édition, un exercice qui n’est pas inédit pour lui. En effet, cette nomination marque un retour remarqué pour l’acteur, qui avait déjà brillé en 2016 en animant avec talent et humour les cérémonies d’ouverture et de clôture du 69ème Festival.

Laurent Lafitte se souvient de sa première fois en tant que maître de cérémonie

Plus de 10 ans plus tard, Laurent Lafitte retrouve donc le micro cannois, fort d’une carrière artistique encore plus étoffée et d’une notoriété renforcée, aussi bien sur scène qu’à l’écran. Il en a profité pour se confier à nos confrères du Figaro TV Magazine au sujet de sa première fois en tant que maître de cérémonie et a avoué avoir quelques regrets. "Elle était contrastée. J’avais écrit une cérémonie assez fournie et elle a été résumée à ma vanne sur Woody Allen. Tout le monde m’est tombé dessus. C’était six mois avant MeToo. Il est presque intéressant rétrospectivement de voir comment les choses ont évolué : à l’époque, faire de l’humour sur ce sujet ne passait pas ; neuf ans après, ce serait de ne pas en faire qui ne passerait pas", a-t-il d’abord analysé.

Puis de poursuivre : "Je ne me considère pas comme un lanceur d’alerte. J’ai subi cette pression. J’ai même fait un tweet en disant que j’étais désolé si ma blague avait blessé. J’étais en avance dans mon humour mais pas dans ma manière d’assumer, j’ai obéi aux codes. Je pensais que l’humour était un endroit de liberté, je le pense encore. J’aurais dû rester dans le ‘never explain, never complain’, vous en faites ce que vous voulez". Sa blague ? Il avait adressé ce message face à Woody Allen présent dans la salle lors de son discours : "Cette année vous avez beaucoup tourné en Europe alors que vous n’êtes pas condamné pour viol aux États-Unis", une manière de faire aussi référence à Roman Polanski, toujours poursuivi aux États-Unis pour avoir violé une mineure en 1977.

Mais alors pourquoi revenir ? 

Pour l’acteur qui a récemment quitté la Comédie française, la réponse est plutôt simple : "À l’époque, je ne connaissais pas très bien le festival et c’était pour moi une façon assez marrante de le découvrir de l’intérieur. J’avais aussi Elle, le film de Paul Verhoeven en compétition, qui m’offrait une autre perspective. Et j’aime cet exercice, c’est un exercice de style. Essayer de trouver un ton, s’amuser autour de quelque chose d’assez protocolaire".

"Et plus il y a de règles, plus il est amusant de les contourner. Cette année, ce sont les mêmes raisons. Mais, en plus, l’actualité est particulière, le festival montre un cinéma assez engagé, politique. J’ai trouvé intéressant d’aborder d’autres thématiques", a-t-il précisé. Et nos confrères de lui demander si ce n’est "pas toujours un peu casse-gueule finalement d’être maître de cérémonie". "Il y a plus de coups à prendre en effet. Mais j’aime l’adrénaline, c’est comme un truc d’alpinisme. J’ai du mal à dire non quand les choses deviennent un pari, que c’est risqué. En plus, j’ai trois films présentés, ça va être intense !", a-t-il conclu serein. 

Par
Kahina Boudjidj