Laurent Lafitte se fait connaître du grand public grâce au cinéma. Il brille d’abord dans des comédies comme Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet (2010), où il joue aux côtés de Marion Cotillard et François Cluzet. Puis, il s’impose dans des rôles plus complexes, comme dans Elle l’adore (2014) de Jeanne Herry, où il incarne un chanteur accusé de meurtre. Ce film marque un tournant dans sa carrière, lui permettant de démontrer son talent dans des registres plus sombres et psychologiques. En 2016, Laurent Lafitte se retrouve sous les projecteurs en tant que maître de cérémonie du Festival de Cannes, un rôle prestigieux qui atteste de son statut dans le paysage cinématographique français. Il y fait sensation avec un humour piquant, parfois audacieux, qui divise le public mais qui confirme son sens du second degré.
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Un désir gardé secret
Ce lundi 24 février, Mouloud Achour a invité Laurent Lafitte sur le plateau de Clique. Au fil de la discussion, le journaliste a demandé à l’acteur d’expliquer l’expression de "quatrième mur", un clin d’oeil au titre du film de David Oelhoffen dans lequel il a récemment joué. "Le quatrième mur, c’est la frontière invisible entre la scène et les spectateurs au théâtre, qui peut marcher aussi au cinéma, parce qu’à partir du moment où on s’adresse directement dans la caméra, à partir du moment où on s’adresse au spectateur, on brise le quatrième mur", a-t-il détaillé. Puis Mouloud Achour d’embrayer sur une autre question : "Et quand vous étiez petit, le quatrième mur, il fallait bien le briser parce que c’était un peu une passion secrète, tout ça ? Ce n’était pas avouable ?".
"Non, quand on vit dans une famille dans laquelle il y a pas d’artistes. Il y avait beaucoup de sensibilité artistique, notamment du côté de mon père, mais il n’y avait pas d’artistes. Mais ça paraît complètement irréel, ça paraît complètement utopique, ne serait-ce que de baliser ce désir-là. Donc, ça a été un désir secret longtemps", a confié Laurent Lafitte. Et de ce dernier d’évoquer le "conformisme bourgeois" dans lequel il a grandi et la façon dont il l’a en quelque sorte brisé.
"J’étais obligé de le dire à mes parents"
"Je n’avais pas cette conscience-là. J’avais surtout une envie d’aventure. Quand je voyais un film et que j’étais gamin, pour moi, c’était l’aventure. Pour moi, les acteurs étaient au cœur de l’aventure et j’avais juste envie de faire partie de cette aventure-là. (…) C’était pas comme si j’avais un secret honteux, c’était plus quelque chose que je n’osais pas trop… J’avais peur qu’on se moque de moi ou qu’on me prenne pour un rêveur, alors que moi, ça devenait une ambition de plus en plus concrète", a-t-il avoué.
Et l’acteur de reprendre : "En même temps, mes parents m’ont jamais empêché de faire ce métier, mais c’est vrai qu’ils ont essayé, comme tout le monde, au départ, de bien m’avertir des risques. C’était plus compliqué que de se lancer dans un métier un peu plus traditionnel". Quid de l’annonce à ses parents ? "J’étais obligé de le dire à mes parents parce que je me souviens que j’avais 15 ans et que j’avais passé un casting en cachette. J’avais répondu à une petite annonce et ils cherchaient un ado pour un téléfilm (…) J’ai répondu et j’ai été pris. Comme j’étais mineur, il fallait qu’il signe une autorisation. Et là, j’étais obligé de leur dire", a-t-il raconté.
Comment ils l’ont pris ? "Ils étaient surpris parce que comme je leur en avais pas du tout parlé, ils ont dit : ‘Tiens, t’as envie de faire ça ?’ Ok, donc ils l’ont fait. Mais le problème, ce qu’ils ont pas anticipé, et moi non plus… c’est qu’à l’issue de ce tournage, ma vie, elle a été bouleversée. Parce que j’avais beau avoir 15 ans, j’ai été pendant toute cette expérience de tournage qui était pas si longue, je crois que j’ai tourné 15 jours, mais un peu étalée sur un mois, j’étais complètement fasciné par la machine cinéma. (…) Je voulais tout savoir", a conclu Laurent Lafitte sur ses débuts.