Beaucoup ignorent ou ont oublié que Nagui avait tenté de faire carrière au cinéma il y a vingt-cinq ans, et ceux qui se rappellent de son tout premier film sont encore moins nombreux ! Avant d’apparaître dans Babel de Gérard Pullicin et de jouer son propre rôle Mes amis de Michel Hazanavicius en 1999 puis dans Ma femme est une actrice d’Yvan Attal deux ans plus tard, l’animateur star de France Télévisions avait directement fait ses premiers pas au septième art dans un premier rôle…
Un "ovni" avec Nagui en tête d’affiche
C’était en 1997 dans Une femme très très très amoureuse aux côtés de Cristiana Reali et Michel Boujenah. Ce 27 décembre, dans le cadre de la série de reportages "Dans les coulisses des comédies françaises" par BFMTV, le réalisateur Ariel Zeitoun a accepté de raconter l’histoire de l’échec commercial de sa comédie. "Mon envie était de faire un ovni. (…) Peut-être que j’ai fait un film qui n’avait pas sa place", déclare le cinéaste, qui se souvient que Nagui était très impliqué à l’époque, aussi bien avant le tournage – il avait pris des cours -, pendant puis après pour en assurer la promotion. Comme le montre l’extrait (à voir en tête d’article, ndlr), les effets spéciaux étaient de mise pour reproduire, en prises de vues réelles, les gags iconiques et cartoonesques de Tex Avery lors de l’arrivée d’une belle femme en robe de soirée : les yeux des protagonistes sortent de leurs orbites, les bouteilles de champagne se débouchonnent sur son passage et la mâchoire d’un homme tombe sur une table pour laisser se dérouler une langue de plusieurs mètres. En plus de ce pari visuel osé mais bien réalisé, la présence à l’affiche de Nagui faisait débat. Était-ce une bonne idée ? Lui-même hésitait, tout comme le réalisateur et l’entourage de ce dernier. Mais Ariel Zeitoun était satisfait du résultat.
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Destin tragique pour la comédie d’Ariel Zeitoun
Mais le film n’a pas convaincu les distributeurs, qui ont décidé d’enterrer le long-métrage en le sortant en plein été, empêchant Nagui de le promouvoir à la télévision comme prévu puisque les émissions sont en vacances. "Ils me disent, ce n’est pas bien, que personne ne rit. (…) On a eu un sentiment d’injustice. C’était absurde. (Nagui) a fait une émission (de promo) alors que le film n’était plus à l’affiche !", regrette le réalisateur. Au final, moins de 48 000 curieux ont vu le film dans les salles obscures : "C’est un vrai coup sur la tête. Quand on a appris les entrées du premier jour, on n’a pas su quoi dire. On savait que le film allait être retiré des salles la semaine suivante. C’était catastrophique. C’est plusieurs années qui partaient en poussière d’un seul coup. C’est très difficile à vivre. Mais bon, c’est comme ça, on s’est trompé. (…) Peut-être que les gens ne s’attendaient pas à voir Nagui tenir un premier rôle dans un film et qu’ils ont pensé que c’était une opération commerciale. On ne s’est pas dit qu’on le prenait pour cartonner. Au contraire, c’était un risque !". Peu après, la diffusion d’Une femme très très très amoureuse sur le petit écran a légèrement pansé cette plaie, avec des audiences satisfaisantes. Aujourd’hui, Ariel Zeitoun n’a pas dit son dernier mot. Alors que sa comédie n’a pas été exploitée depuis sa sortie en VHS, il "espère" pouvoir le remasteriser "pour le vendre auprès des TV". "Je ne regrette pas de l’avoir fait. L’histoire est marrante, (…) j’ai vu pire passer à la télévision", lâche-t-il. De son côté, l’animateur de N’oubliez pas les paroles a tourné la page et affirmait dans Le Parisien: "J’ai rêvé d’une carrière d’acteur il y a vingt ans (…) Moi acteur, c’est faire insulte à des Vincent Cassel ou Michel Bouquet."