Quelles sont les nouveautés que nous réserve cette quatrième édition du Grand Restaurant ?
Pierre Palmade : Autrefois, j’écrivais tous les sketchs. Mais j’étais à cours d’inspiration après trois éditions. Je ne me sentais pas en mesure d’en écrire une vingtaine. J’ai donc sollicité des auteurs, parmi lesquels Tom Villa, Anne-Élisabeth Blateau, Isabelle Mergault et François Rollin. J’ai aussi fait appel à de jeunes comédiens dont je suis fan : Arnaud Ducret, Florent Peyre, Claudia Tagbo, M. Pokora, Ahmed Sylla… Enfin, M6 voulait un fil rouge pour donner une cohérence à la soirée. J’ai donc emprunté au Grand Restaurant (1966), la comédie immortalisée par Louis de Funès et Bernard Blier, l’idée de cet inspecteur du guide Michalon (Alexandre Astier), venu mettre la pression.
Vous avez tout de même signé quelques sketchs…
J’en ai créé deux. D’abord une saynète qui met en scène Carole Bouquet et Muriel Robin en train de dîner en amoureuses, et qui s’intitule Si j’étais moche. Et une autre saynète, sur la maladie d’Alzheimer, dans laquelle un père, joué par André Dussollier, fait face à sa fille, interprétée par Barbara Schulz.
Faire un sketch autour de la maladie d’Alzheimer, n’est-ce pas un peu risqué ?
J’avais plutôt envie de traiter ce sujet sous un angle différent et… surprenant à la fois ! C’est un moment boule versant et plein de poésie. André Dussollier a d’ailleurs été très emballé à la lecture de mon texte. Quand je lui ai demandé avec quelle comédienne il aimerait le jouer, il m’a répondu sans hésitation : « Barbara Schulz ! »
Qu’ont apporté les auteurs par rapport à votre écriture ?
Ils jouent beaucoup sur l’absurde. Comme ce sketch où Didier Bourdon et Michèle Laroque interprètent un couple qui réalise un fantasme en feignant de se rencontrer pour la première fois dans un bar. Ou bien celui où Zabou dîne avec un homme, joué par Vincent Desagnat, qu’elle a rencontré dans un bal costumé. Celui-ci est persuadé d’avoir en face de lui le Père Noël. Elle n’a de cesse, pendant tout le repas, d’essayer de lui prouver qu’elle est une femme. L’intrigue tient à un fil, et il faut toute la folie de ces deux acteurs pour que ça passe.
Avez-vous émis des restrictions ?
Aucune, si ce n’est celle de ne faire aucune référence à l’actualité. Je voulais des sketchs qui soient intemporels. On peut regarder l’édition 2010 sans aucun problème. Ça permet d’aborder des problématiques universelles : l’amitié, l’amour, les déceptions, le temps qui passe…
Y a-t-il eu des exigences de la part des comédiens ?
Non, la plupart ont répondu à l’appel avec enthousiasme. Ils se sont investis à fond. Chantal Lauby, légèrement hypocondriaque, a tenu à ce que ses partenaires, en l’occurrence Lionnel Astier, Philippe Lellouche et Estelle Lefébure, fassent un test PCR avant de tourner. Elle avait besoin de ça pour se sentir à l’aise.
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La Fine Équipe, autre émission chorale de variétés, diffusée en juin (sur France 2), a plutôt bien marché. Y aura-t-il une suite ?
Nous avons réalisé un nouveau numéro début novembre. En attendant la diffusion, je suis actuellement en tournée avec mon spectacle Assume, bordel ! et je m’emploie à l’écriture d’une pièce.
Le Grand Restaurant – La Guerre de l’étoile : jeudi 15 décembre à 21h10 sur M6
INTERVIEW HACÈNE CHOUCHAOUI