Nicolas Duvauchelle, Les Papillons noirs (Arte) : « On ne tape pas dans le dos de Niels Arestrup… »

Publié le 22 septembre 2022 à 10:39
© Nicolas_Roucou
Dans cette série noire, il incarne un écrivain en panne d’inspiration, qui rencontre un tueur en série prêt à livrer son histoire.

La première chose que l’on peut dire, c’est que votre personnage, Adrien, n’est plus le même à la fin ! 

Nicolas Duvauchelle : Ah, ça oui ! Il va plonger. Dans ses origines, dans son passé. C’est ce que j’ai trouvé formidable, avec ce personnage. Il a une violence en lui dont il va peut-être saisir les causes. 

Faites-nous les présentations… 

Adrien est un écrivain qui a connu la prison, mais aussi le succès avec un roman, quinze ans plus tôt, publié sous le pseudonyme de Mody. Depuis, il est frappé du syndrome de la page blanche. Pour gagner sa vie, il écrit des biographies d’anonymes, jusqu’à ce qu’il tombe sur Albert Desiderio, un homme qui lui confie son histoire folle, dont on ne sait pas si elle est réelle ou fictive. 

Cette rencontre va bouleverser sa vie et remuer le passé… 

Exactement, et c’est fabuleux. Cette série explore la question "Que transmet-on à nos enfants ?". Qu’est-ce qui passe par l’éducation ? Par les gènes ? J’ai beaucoup lu sur le sujet, car j’ai découvert, il y a dix ans, que mon grand-père, décédé, n’était pas mon vrai grand-père. On croit tout connaître de sa famille, mais c’est faux. C’est pour cela que ce scénario m’a touché. 

Est-il angoissant de se retrouver dans la peau d’un écrivain en manque d’inspiration ? 

C’est vrai que je me sentais mal pour lui ! (Rires) C’est douloureux, j’imagine, de se mettre devant son ordinateur, tous les jours, sans que rien n’en sorte. Il peut nous arriver des choses semblables en tant que comédiens, quand il s’agit de jouer une scène particulière et que l’on n’y arrive pas. Heureusement, le réalisateur est aussi là pour nous proposer des choses. L’écrivain, lui, est toujours seul. 

On imagine qu’un comédien ne tombe pas tous les jours sur un tel scénario ! 

Oui, c’est certain. J’ai lu les six épisodes d’une traite, avec frénésie. Une fois terminé, j’ai immédiatement rappelé le réalisateur, Olivier Abbou. Ce que j’aime, avec les séries, c’est le fait de pouvoir porter un personnage pendant plusieurs heures de programme. Et ça, ça reste quand même un sacré kiff ! 

Vos face-à-face avec Niels Arestrup, qui joue Albert Desiderio âgé, sont saisissants. Étiez-vous impressionné ? 

Oui ! Il a un charisme fou. Et puis, avec sa tête de bougon, vous ne lui tapez pas directement dans le dos ! (Rires) Nous avons gardé une certaine distance, au début. Comme deux animaux, on s’est regardés de loin, on s’est apprivoisés et tout s’est très bien passé. Mais j’avoue qu’il est sacrément impressionnant. Lors de certaines scènes, je me suis senti spectateur. 

Les Papillons noirs est une série très sombre. Est-ce que vous êtes adepte de ce genre ? 

Oui, très. Et puis, en France, on sait faire, donc ne nous privons pas ! 

Les Papillons noirs : jeudi 22 septembre à 21h10 sur Arte

Interview Amandine Scherer 

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