Avez-vous senti les silences pesants de certaines conversations familiales ou eu l’impression que certains sujets étaient tabous ? Cumulez-vous les déconvenues professionnelles ou personnelles ? Si vous pensez que vous n’arrivez pas à vivre votre vie ou que vous avez l’impression qu’un fil vous tire en arrière, la psychogénéalogie est une piste, d’autant que l’épigénétique montre maintenant que certains messages influencent nos gènes.
Connaître la place de chacun
L’objectif n’est pas d’établir son arbre généalogique, mais de se demander quelles places avaient nos parents et nos grands-parents. Il s’agit « d’explorer quels liens ils avaient les uns avec les autres, comment ils ont pu être pris ou non dans des difficultés dont ils n’ont jamais pu parler, qu’estce que cela a créé pour leur descendance, quels sont les croyances et les rôles qui se transmettent… », nous explique Juliette Allais, psychopraticienne. Ce travail personnel peut faire remonter « des secrets, des choses qui n’ont pas été dites au bon moment. C’est souvent lié à des problématiques autour de la sexualité, des abus, de la mort, des pertes de tous ordres, des traumatismes », poursuit-elle.
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Et vous ?
Étiez-vous un enfant calme ? Un vilain garnement ? Celui qui évite tout conflit ? « Il est important d’explorer l’enfance, afin de constater comment cette place qui était la nôtre a déclenché des comportements pouvant perdurer à l’âge adulte et nous entraver, nous empêcher d’être nous-même ou nous maintenir dans des répétitions, dans des échecs, dans des formes de vie qui ne sont pas bonnes pour nous », précise la psychogénéalogiste.
Repartir sur de bonnes bases
Le but n’est pas de réécrire l’histoire, mais de sortir de ce que Juliette Allais appelle le brouillard du passé : « On se met des repères à l’intérieur, du coup, on a l’impression que l’on tient mieux sur ses jambes. » Elle conclut : « Ce n’est pas magique, il faut du temps pour assimiler. Le fait d’en parler, d’en prendre conscience, permet de quitter des rôles qui ne sont pas bons pour nous. Les points de difficultés mis en lumière deviennent plus légers, moins dramatiques et on peut passer à autre chose. »
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Le profil du bon spécialiste
● Il doit être psychopraticien ou thérapeute et pas « juste » psychogénéalogiste.
● Il a donc déjà travaillé sur son passé et est supervisé par un confrère.
● Il ne vous garde pas pendant des mois en vous demandant des recherches qui n’en finissent pas sur votre arbre généalogique. Une dizaine de séances devrait suffire (environ 60 € pour 1 heure de consultation).
● Il ne doit pas exercer d’emprise sur vous, ni parler de fatalité ou de malédiction. Il n’a pas à expliquer les faits à votre place, mais à vous accompagner pour que vous dénouiez l’histoire vous-même
La Psychogénéalogie – Éclairer le passé, s’accomplir au présent, de Juliette Allais, Éditions Grancher
JULIE BOUCHER