Don d’organes : osons en parler : La chronique du Dr Gérald Kierzek

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 16:19
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En France, près de 20 000 personnes sont en attente d’une greffe et environ 900 patients décèdent chaque année parce que les refus se multiplient… 

Si nous sommes tous des donneurs potentiels, il existe trois principes fondamentaux qui régissent le don d’organes et de tissus en France : 

Le consentement présumé

Toute personne est considérée comme consentante au don d’organes et de tissus après sa mort, dès lors qu’elle n’a pas fait connaître, de son vivant, son refus d’un tel prélèvement. Pour ce faire, il faut s’inscrire sur le registre national des refus en allant sur le site www.registrenationaldesrefus.fr/#etape, puis confier un document ou exprimer oralement son refus à un proche. 

La gratuité du don

Le fait de donner est un acte de générosité et de solidarité qui ne saurait être monétisé. 

L’anonymat

On évite ainsi toute pression psychologique, affective ou financière entre la famille du donneur et le receveur. L’anonymat concourt également à l’appropriation du greffon par le receveur et contribue au travail de deuil de la famille du donneur. Cette dernière peut cependant être informée de la nature des organes et des tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes, si elle en fait la demande. 

Les donneurs potentiels sont des patients en état de mort cérébrale suite à un accident, un arrêt cardiaque ou un AVC. Cet état est diagnostiqué avec certitude, selon des critères stricts et après divers examens complémentaires : angiographie cérébrale ou angioscanner montrant l’arrêt de la circulation sanguine cérébrale, deux électroencéphalogrammes… Le constat de mort cérébrale en vue d’un prélèvement d’organes doit être effectué par deux médecins. 

DU PRÉLÈVEMENT À LA GREFFE 

Lorsqu’un donneur potentiel est identifié, des analyses sont effectuées pour évaluer la qualité des organes et des tissus. L’Agence de la biomédecine est aussitôt prévenue et recherche des receveurs compatibles. Le prélèvement est effectué au bloc opératoire, dans les mêmes conditions que pour une personne vivante. L’opération est réalisée avec soin, et le corps est préparé pour être rendu à la famille. Le temps est compté : pas plus de 3-4 h pour un coeur, 6-8 h pour un poumon. L’opération de greffe sur le receveur est souvent longue et complexe, allant jusqu’à 15 heures, mais sauve des vies. 

Par
Dr Gérald Kierzek