Attention à l’hydrocution ! : la chronique du Docteur Gérald Kierzek

Publié le 12 août 2024 à 13:47
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L’été, on plonge avec bonheur dans la mer, les lacs et les piscines. Mais la baignade recèle un danger méconnu : l’hydrocution. Chaque année, adultes et enfants en sont victimes, parfois avec une issue tragique. Un phénomène à ne pas prendre à la légère.

De quoi s’agit-il ?

L’hydrocution, également appelée choc thermique, survient lors d’une immersion brutale dans une eau froide. Face à ce changement soudain de température, l’organisme réagit de manière réflexe en provoquant une vasoconstriction périphérique, c’est-à-dire une diminution du diamètre des vaisseaux sanguins. Cette réaction physiologique entraîne alors une augmentation de la pression artérielle et une baisse du rythme cardiaque. Chez les personnes prédisposées, cela peut mener à une perte de connaissance soudaine (syncope) ou, dans les cas les plus graves, à un arrêt cardiaque. Le noyé n’a alors pas nécessairement eu le temps d’avaler de l’eau. L’hydrocution peut frapper n’importe qui, même les bons nageurs. Les personnes les plus à risque sont toutefois les jeunes enfants, les personnes âgées et celles souffrant de problèmes cardiaques ou respiratoires. Leur organisme est en effet moins à même de supporter le choc thermique.

Les signes avant-coureurs

Avant la perte de connaissance, certains symptômes peuvent vous alerter sur un potentiel risque d’hydrocution : frissons, crampes, fatigue soudaine, troubles visuels ou auditifs, maux de tête ou encore démangeaisons sont autant de signaux d’alarme à prendre au sérieux. Chez les jeunes enfants, ces signes sont souvent plus difficiles à détecter, car ils ne savent pas toujours les exprimer clairement. Une vigilance accrue est donc nécessaire pour éviter le pire. Devant tout symptôme, il faut sortir de l’eau immédiatement.

Les bons réflexes pour se protéger

Il est essentiel d’entrer progressivement dans l’eau, en mouillant d’abord bras, nuque, dos et torse. Cela permet à l’organisme de s’acclimater en douceur au changement de température. Il est également recommandé de choisir des zones de baignade surveillées et de ne jamais rester seul dans l’eau, surtout avec des enfants. En cas de malaise, il faut lutter contre la panique, se laisser flotter et appeler à l’aide si possible. Enfi n, soyez particulièrement vigilants après une exposition prolongée au soleil, surtout entre 12 h et 16 h, après un repas copieux ou en cas de consommation d’alcool. Dans ces conditions, mieux vaut reporter votre baignade pour profi ter pleinement des joies de l’été !

Par
Dr Gérald Kierzek