Amygdales, on les garde ou pas ? : La chronique du Dr Gérald Kierzek

Publié le 4 avril 2025 à 15:14
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Intervention chirurgicale relativement fréquente, notamment chez les enfants, l’amygdalectomie suscite encore des interrogations. Faites haaaaa...

Jouant un rôle important dans le système immunitaire, les amygdales (deux glandes des deux côtés de la gorge) participent à la formation de lymphocytes et d’anti-corps pour combattre les infections, dont les virus et les bactéries qui pénètrent par le nez, la bouche et les yeux. Mais, parfois, elles se font un peu trop remarquer en devenant volumineuses, en provoquant des angines à répétition (plus de cinq épisodes par an sur deux années consécutives) et des douleurs pharyngées. Elles peuvent également entraîner un syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS), touchant 1 à 3 % des enfants de 3 à 6 ans, et jusqu’à 13 % en cas d’obésité. Ces deux cas représentent les principales indications pour leur ablation. Cette intervention vise à retirer les amygdales palatines, deux petites glandes situées au fond de la gorge, de chaque côté du voile du palais. 

Une décision médicale réfléchie

L’amygdalectomie est de moins en moins systématique. En cas d’amygdalectomie totale, l’amygdale est retirée en entier. L’ablation peut aussi être partielle, et seule une partie du tissu amygdalien est alors enlevé grâce à une sonde de radiofréquence, limitant le saigne-ment et la douleur post-opératoire. Le choix de la technique dépend de l’indication. Le retrait total est généralement préconisé en cas d’in-fections à répétition ou d’antécédents d’abcès ou de phlegmon. La récupération post-opératoire dure généralement d’une à deux semaines. L’alimentation doit être adaptée, pour favoriser la cicatrisation. 

Peuvent-elles repousser ?

Théoriquement, après une ablation totale, la réponse est non. En revanche, en cas d’ablation partielle, le tissu restant peut parfois grossir, donnant l’im-pression d’une repousse. Cette dernière n’est, en réalité, qu’une hypertrophie du tissu résiduel. L’amygdalectomie apporte des bénéfices significatifs, notam-ment une réduction des infections récidivantes, ou encore une amélioration de la qualité du sommeil en cas de SAOS, augmentant la qualité de vie des enfants. Les parents ne doivent pas hésiter à demander un deuxième avis médical, pour s’assurer de la pertinence de l’intervention et de la technique choisie. 

Par
Dr Gérald Kierzek