Entre la surpêche – selon l’OMS, plus de 80millions de tonnes de poissons capturés chaque année, auxquelles s’ajoutent près de 26millions de tonnes pêchées de façon illégale –, l’appauvrissement de la biodiversité, et un véritable raz-de-marée de déchets plastiques, notre planète bleue n’est pas au sommet de sa forme.
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COMPRENDRE POUR AGIR
Pour Sabine Roux de Bézieux, présidente et cofondatrice de la Fondation de la mer : "Il est important de se poser une question simple : pourquoi se permet-on d’utiliser les mers et les océans comme de gigantesques poubelles ? Une interrogation nécessaire afin d’éveiller nos consciences et mieux apprendre pour comprendre". Pour cela, il existe de nombreuses initiatives comme celle de la Fondation de la mer, qui propose de devenir acteur de la préservation. Si vous voulez en savoir plus, inscrivez-vous à leur newsletter, car, pour eux, "la première façon d’agir, c’est d’être bien informé". (www.fondationde-lamer.org/newsletter).
Vous pouvez aussi organiser une collecte de déchets sur les plages, en mer ou sous l’eau (pour les plongeurs) en mobilisant vos proches. "Mais il faut comprendre qu’en matière de plastique, c’est à la source qu’il faut stopper l’hémorragie, car si aujourd’hui on collecte en mer une tonne de plastiques en une journée, 15 tonnes sont rejetées… par minute !", alerte Sabine Roux de Bézieux. Parmi les actions de sensibilisation, la fondation et le fonds de dotation Kresk 4 Oceans accompagnent et soutiennent 33 associations créatrices de nouveaux objets utiles et durables à partir des déchets plastiques. À ce jour, 630 tonnes ont été transformées en meubles, comme une table basse (160€) et une lampe (60€), signées Resak. Chez Rehab, on trouve une chaise Palabre à 330€(photo), à La Plastiquerie, une applique (180€)…
DES CHEVEUX… POUR ASSAINIR !
En matière de dépollution, saviez-vous que les cheveux avaient la capacité de retenir les hydrocarbures ? Il se trouve qu’en plus d’être biodégradables, ils sont lipophiles : ils absorbent les substances grasses. Ainsi, 1 kg de chevelure ingurgite jusqu’à 8 litres d’hydrocarbures ! Disposées dans des boudins en coton flottant sur l’eau, nos crinières deviennent des filtres pour débarrasser les mers du pétrole et des carburants ; ainsi que des huiles solaires qui entravent le processus de photo-synthèse de la flore marine. Étant donné que chaque année, nos passages en salon génèrent environ 4000 tonnes de déchets capillaires, il y a de quoi faire !
DES POUPONNIÈRES POUR CORAIL MALMENÉ
Quand on parle de protection des océans, difficile de ne pas évoquer le blanchiment des coraux engendré par le réchauffement climatique et les activités humaines. Un danger, surtout lorsque l’on sait que les récifs coralliens abritent environ 25% de la biodiversité marine ! Sur l’atoll de Tatakoto, en Polynésie française, des coraux ont une thermorésistance qui étonne les scientifiques. Ces derniers ont décidé de transplanter des boutures de ces coraux sur la plaine littorale ceinturant l’île de Moorea, au large de Tahiti, pour observer leur comportement hors de leur habitat d’origine. Affaire à suivre !
➜ Sabine Roux de Bézieux est co-autrice de L’Océan, préserver l’avenir de l’humanité en 100 questions, Éditions Tallandier