Un homme abîmé (France 2) – Yannick Choirat en homme victime de viol : « C’est un rôle qui ne se présente pas tous les jours »

Publié le 2 mars 2022 à 13:19
©Benoit Linder/ Storia Television/ FTV
Dans la peau d’un homme victime d’un viol, Yannick Choirat révèle un immense talent. Confidences du comédien, primé au Festival de La Rochelle en 2019, et à celui de Luchon en 2020.

Agressé sexuellement, Vincent Sorrente, votre personnage, voit son monde s’effondrer. Alors qu’il s’emmure dans le silence, rien ne sera plus jamais comme avant…

Yannick Choirat : Vincent vit un traumatisme, comme n’importe quelle victime de viol. Ce téléfilm parle des blessures indélébiles et de l’indicible souffrance provoquée par un tel outrage. Un crime encore tabou, que l’on a, hélas, plus souvent l’habitude de voir perpétré sur des femmes. Blessé dans son corps et dans son identité, Vincent va devoir se démener pour retrouver son intégrité et sa dignité, qui a été bafouée.

Quelle a été votre réaction à la lecture du scénario ?

J’ai été bouleversé par la palette d’émotions que traverse cet homme. Sa honte, sa colère, sa violence vis-à-vis de sa femme, Chloé (interprétée par Anne Marivin, ndlr), et de ses amis du rugby… Pour un comédien, c’est un rôle magnifique à défendre et qui ne se présente pas tous les jours.

Pensez-vous qu’un tel téléfilm peut avoir de réelles vertus pédagogiques ?

Bien évidemment. Il va permettre à des hommes de mieux comprendre la souffrance d’un tel traumatisme. Mais aussi de s’interroger sur la virilité et sur ce qu’elle représente dans notre société. Un homme a le droit d’être vulnérable, d’être fragile et, surtout, d’être aidé par des femmes. D’ailleurs, dans ce téléfilm, les rôles féminins sont magnifiques.

Comment vous êtes-vous emparé de ce personnage ?

Je me suis documenté, en lisant des ouvrages sur des témoignages de victimes de viol et de stress post-traumatique. Le déni, la dissociation… Ces déclarations m’ont énormément aidé à jouer ce rôle et à mener Vincent dans l’irrésistible spirale de l’auto destruction et du dénigrement de soi.

Ce rôle est difficile à endosser ?

Non. Le sujet a du sens, et l’enjeu est important. À partir du moment où les choses me bouleversent, je fonce.

Avez-vous été inquiet à l’idée de tourner la scène du viol ?

Grégoire Monsaingeon, qui interprète Stan Lacombe, mon agresseur, a été formidable. Nous avons tourné cette séquence avec beaucoup de pudeur. Philippe Triboit, le réalisateur (Engrenages, Un village français, Avocats & associés…) a choisi de nous faire commencer par cette scène, dès les premiers jours de tournage. Étonnamment, cela m’a beaucoup aidé pour nourrir mon personnage par la suite.

Votre duo avec Anne Marivin fonctionne à merveille. Comment avez-vous travaillé cette relation ?

Nous avons fait deux lectures. Pas plus. Et tout s’est déroulé naturellement. L’ambiance était légère et à la rigolade. Nous en avions bien besoin pour faire retomber la pression. Pourtant, on ne se connaissait pas. Anne Marivin est d’une nature bienveillante et extrêmement généreuse. Une partenaire comme elle, c’est un cadeau !

Un homme abîmé : mercredi 2 mars à 21h10 sur France 2

Interview Caty Dewanckèle

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