Vu le sujet du film, une question s’impose : aimez-vous les enfants ?
Louise Bourgoin : Avant le tournage, j’en avais très peu fréquenté. D’emblée, j’ai dit à Rémi Bezançon que dès que je prenais un bébé dans mes bras, il se mettait à pleurer. Ça l’a fait rire. J’ai compris que c’était parce que je leur transmettais mon stress et mon angoisse de mal faire, un peu à l’image de Barbara, mon personnage. Avant le film, je ne m’étais jamais sentie maternelle. Je le dis au passé car ce n’est plus le cas. Je me comportais comme une Marie-Antoinette à qui on apportait un bébé, je jouais la scène et merci, au revoir ! J’avais tout faux. Un enfant a besoin de se sentir aimé. Entre les prises, je me suis mise à jouer avec eux et tout a changé.
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Comment vous êtes-vous préparée à incarner cette jeune maman ?
Une sage-femme m’a fait rencontrer beaucoup de femmes enceintes. J’ai également assisté à de nombreux accouchements : j’avais vraiment besoin d’apprendre, puisque la scène dans le film dure près de vingt minutes.
Inspiré e du roman d’Éliette Abécassis, cette comédie dynamite les clichés béats qui entourent d’ordinaire la naissance. Ici, c’est plutôt « ils se marièrent et vécurent heureux… jusqu’à l’arrivée de bébé ». Cette approche iconoclaste vous a-t-elle séduite ?
Pour Éliette, l’enfant est l’ennemi du couple ! Mais ce qui m’a vraiment séduite dans le projet, c’est qu’il demandait un engagement total. Ce qui est rare au cinéma, où les rôles de femmes sont souvent stéréotypés. Lors des avant-premières, toutes les spectatrices m’ont dit : « C’est ma vie ! » Elles se retrouvaient dans les déboires de Barbara. C’est un film miroir, très déculpabilisant pour les mères. Des hommes m’ont aussi confié qu’ils comprenaient mieux ce qu’avait pu ressentir leur femme.
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À vous dégoûter de devenir mère…
Pas du tout ! J’ai toujours envie d’avoir des enfants. J’ai posé une tonne de questions, autant pour le rôle que pour moi, même si, pour l’heure, ce n’est pas d’actualité.
La télé et l’adrénaline du direct ne vous manquent-ils pas ?
Pendant deux mois, j’ai ressenti un manque physique. Tous les soirs (elle présentait la météo sur le plateau du Grand Journal, ndlr), le stress me faisait l’effet d’un shoot d’adrénaline. Je ne regrette pas, même si je me suis beaucoup amusée. J’adorais écrire mes textes, j’ai fait de belles rencontres, mais le rythme du cinéma me convient mieux.
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Malgré les rôles qui s’enchaînent, vous considérez-vous encore « en formation », selon vos propres mots ?
Toujours ! J’en ai parlé avec François Cluzet. Selon lui, il n’y a rien de plus ringard qu’un professionnel du jeu. Il ne faut jamais être sûr de soi. Plein de bons acteurs n’ont pas fait d’école. Benoît Poelvoorde et Dany Boon ont fait les Beaux-Arts, comme moi.
Propos recueillis par Julien Barcilon en 2011
Un heureux événement : mercredi 27 juillet à 21h05 sur TFX