Après Meurtres en Lorraine, dans lequel vous jouiez un lieutenant de gendarmerie, vous incarnez aujourd’hui un commandant de l’armée de l’Air. Auriez-vous un faible pour l’uniforme ?
Stéphane Bern : J’ai d’abord un grand respect pour nos militaires, et particulièrement pour l’armée de l’air. Mais je dois dire que le port de l’uniforme aide beaucoup à entrer dans la peau du personnage, même si je ne l’endosse qu’au début du téléfilm.
Pourquoi avoir accepté ce rôle d’officier enquêtant sur la mort de son fils, en mission au Mali ?
J’ai pensé à ces parents de militaires dont les enfants meurent en opération spéciale à l’étranger. La mort d’un soldat français, ça me touche. Quand j’ai joué le commandant Paul Leclerc, j’ai essayé de me mettre à la place de ces familles.
Ce commandant a un profil atypique, peu martial, assez éloigné de l’idée que l’on peut se faire de l’autorité militaire…
L’armée de l’Air est spéciale. Être pilote nécessite une certaine délicatesse. Les aviateurs sont des gens dévoués à la nation. Pour mon personnage, qui dirige un escadron de drones, j’ai suivi les indications du réalisateur, Olivier Guignard, mais je me suis aussi inspiré du commandant de la base de Cognac, où nous avons tourné. Un homme charmant, très à l’écoute de ses hommes et des femmes. J’ai d’ailleurs découvert qu’il y en avait énormément dans l’armée de l’Air.
Le téléfilm est ponctué de flashbacks dans lesquels on voit votre personnage avec son fils encore enfant. La paternité, ça vous manque ?
Non, pas vraiment. J’ai toujours été entouré d’enfants. J’ai eu la chance de participer à l’éducation de plein de gamins, ceux de mes amis, et mes neveux. Je n’ai jamais pensé qu’il fallait se reproduire pour être en empathie avec eux.
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On connaît votre passion pour l’Histoire. N’avez-vous jamais été tenté de jouer un personnage célèbre ?
Je suis attendu dans ce registre. Anne Holmes, la directrice de la fiction de France Télévisions, a su répondre à mon envie de comédie. Mais elle m’a conseillé d’y aller pas à pas. Après Meurtres en Lorraine, j’ai fait un guest dans la série L’Art du crime, puis Pour l’honneur d’un fils. L’an dernier, j’ai tourné le pilote de Bellefond, une série dans laquelle je joue un procureur. Le 15 octobre, débutera le tournage du deuxième épisode. Lorsque j’aurai acquis une solide expérience de comédien, je pourrai donner libre cours à mes envies.
Vous pourriez incarner Beaumarchais, tant vos activités sont, comme lui, multiples : écrivain, animateur, comédien, voire envoyé spécial auprès de la reine d’Angleterre…
Et, tout comme moi, il élevait aussi des poules ! (Rires) C’est vrai que je suis un boulimique de travail, mais j’aime ça. Le 29 août, je fais ma rentrée radio sur Europe 1 avec Historiquement vôtre. En septembre, je présenterai Le Monument préféré des Français, sur France 3, puis je reprendrai les tournages de Secrets d’Histoire et, enfin, l’épisode de Bellefond en octobre. J’aurai ensuite la parution de deux livres, La Vie retrouvée d’un collège royal (Albin Michel) et Les Secrets de l’Élysée (Plon). Ma rentrée sera, une nouvelle fois, très chargée !
Pour l’honneur d’un fils : jeudi 25 août à 21h10 sur France 3
Interview Hacène Chouchaoui