Mort d’un berger (France 3) – Anny Duperey : Je rêve de jouer une clocharde

Publié le 23 janvier 2024 à 8:30
© Nicolas Robin - FTV - 13 Prods
Dans cette libre adaptation du roman éponyme de Franz-Olivier Giesbert, Anny Duperey incarne une mère en quête de vérité, après la mort de son fils.

Qui est Marceline, votre personnage ? 

Anny Duperey : Une femme blessée par un veuvage cruel et qui a la douleur de perdre son fils unique, berger dans les monts d’Auvergne. Une mort attribuée à un loup… Ce téléfilm aborde le sujet épineux de la cohabitation des loups avec les bergers. Si la peur du loup reste pour nous un fantasme, elle demeure une réalité pour les éleveurs. Dans un premier temps, Marceline va soupçonner les loups, car le corps de son fils présente des morsures. 

Dans une scène, vous êtes justement face à un loup. Avez-vous ressenti une appréhension ? 

Ce n’était pas un vrai loup. Celui-là était un trois-quarts loup. Sa mère a été croisée avec un chien. Je n’aurais pas poussé l’audace jusqu’à lui caresser le museau. 

Ce téléfilm est l’adaptation du roman éponyme de Franz-Olivier Giesbert (Éd. Gallimard). L’avez-vous lu avant le tournage ? 

Non, si je l’avais fait, ça aurait interféré sur ma façon d’aborder cette libre adaptation. Dans le roman, l’histoire se passe en Provence, et le téléfilm, en Auvergne. 

Marceline aurait-elle un point commun avec vous ? 

Nous partageons la passion du jardinage. Je possède un potager chez moi, dans la Creuse. J’ai dit aux propriétaires de la maison dans laquelle nous tournions que, pendant les répétitions, je m’étais occupée du potager. J’avais tuteuré les tomates et enlevé les gourmands. (Rires) 

Après Petit ange (le 4 octobre, sur France 2), où vous campiez une femme inquiétante, on vous retrouve dans un drame. Avez-vous renoncé à la comédie ? 

J’ai la chance de me voir proposer des rôles aussi différents de celui que je tenais dans Une famille formidable. Je craignais que l’on ne m’offre plus que des rôles de grande gentille. Et puis, en 2017, j’ai joué la mère d’un assassin, dans la série Le Tueur du lac, sur TF1. Je me suis fait peur en regardant certaines scènes. Je n’ai pas pour autant renoncé à la comédie. J’aimerais bien qu’un producteur ait l’idée d’adapter mon dernier roman, Le Tour des arènes (Éd. du Seuil, ndlr), un conte positif qui relate le sauvetage d’une jeune fille par une SDF fabuleuse. Je rêve de jouer une clocharde. 

La grande famille du cinéma semble se déchirer autour de l’affaire Depardieu. Quel regard portez-vous sur le sujet ? 

Lointain. Il y a treize ans, j’ai été la première, excédée par ses excès, à lui demander publiquement de « fermer sa gueule ». À l’époque, l’acteur était sacré, pas encore maudit, tout le monde m’était alors tombé dessus. Seul Bertrand Blier, qui le connaît bien, avait pris ma défense… Voilà qu’aujourd’hui, Gérard est hors circuit, il a pété un plomb, ce n’est pas une raison pour bannir ses films. 

Quelle sera votre actualité dans les prochains mois ? 

J’ai une participation dans la comédie de Pascal Thomas, Le Voyage en pyjama, en salles le 17 janvier. Je joue une vieille dame un peu barrée, qui répète son enterrement tous les premiers jeudis du mois. Je prépare également la tournée de la pièce Mes chers enfants, de Jean Marboeuf. Et j’espère que 2024 m’apportera de belles surprises !  

Mort d’un berger, mardi 23 janvier à 21h10 sur France 3

Par
Hacène Chouchaoui