Qui est Gabrielle Sandraz, votre personnage ?
Line Renaud : Une ancienne reporter de guerre. Cette baroudeuse a plusieurs fois frôlé la mort. C’est un rôle qui me parle : sous l’Occupation, ma famille a vécu dangereusement, à cause des activités de résistance de ma mère. La situation était d’autant plus périlleuse que nous habitions en face de la kommandantur.
En quoi a-t-elle un rôle central dans cette intrigue policière ?
Gabrielle a toujours vécu dans ce coin de Savoie. Elle est dépositaire de la mémoire des lieux. Quand survient une série de crimes, cette femme va, au fur et à mesure, délivrer ses secrets, comme autant d’indices pour les enquêteurs. C’est elle qui distribue les cartes.
Comment s’est passée votre collaboration avec Samuel Labarthe, qui interprète le commissaire Godard ?
Excellente ! Samuel est un immense acteur, de grande classe, et d’une humilité confondante. J’avais déjà joué avec lui, au théâtre Marigny, dans une pièce d’Israel Horovitz, Très chère Mathilde. Sur ce tournage, il s’est montré intrépide, tenant à exécuter une cascade, qu’il a parfaitement réussie. J’ai dit : « On a trouvé le nouveau Belmondo ! » (Rires)
Le tournage en Savoie n’a-t-il pas été trop éprouvant ?
Pas du tout. J’ai découvert la région, au printemps, pour Meurtres à Brides-les-Bains (diffusé sur France 3 le 29 décembre 2018, ndlr), puis en automne, pour ce téléfilm. À chaque fois, ce fut un ravissement. Et j’ai retrouvé la même équipe technique, une bande pleine de joie de vivre. Cela faisait de belles tablées. Dans une telle ambiance, on oublie très rapidement la fatigue.
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En témoigne le succès de vos apparitions à l’écran, n’êtes-vous pas devenue, d’une certaine manière, la grand-mère idéale des Français ?
J’ai été, au fil des années, la copine idéale, puis la femme, et maintenant, la grand-mère idéale. (Rires) J’ai accompagné trois générations de Français. Je pourrais être aussi la mamie rock. En 1960, Elvis Presley a joué pour moi, dans ma loge, au Casino de Paris. Le Golden Gate Quartet l’a rejoint, et ils n’ont pas arrêté, jusqu’au petit matin. Un an après, j’ai été la marraine de Johnny Hallyday pour sa première apparition télé (L’École des vedettes).
Vous êtes également, depuis plus de trente-cinq ans, une grande figure du Sidaction. Menez-vous d’autres combats ?
Je me bats pour le droit de mourir dans la dignité. J’ai vu des choses affreuses… Pourquoi s’acharne-t-on à garder en vie des malades en phase terminale, qui souffrent terriblement, alors que l’on sait qu’ils vont mourir ? J’ai pour projet, avec Dominique Besnehard, de produire un téléfilm sur le sujet. Nous avons déjà rencontré un auteur. En attendant, je serai, cet hiver, à l’affiche d’une comédie dramatique, Une belle course, de Christian Carion. J’y joue une vieille dame se rendant en taxi dans un Ehpad. Le chauffeur est… Dany Boon !
Meurtres dans les Trois-Vallées : samedi 20 novembre à 21h05 sur France 3
Hacène Chouchaoui