Votre personnage, Aurore, semble être un drôle d’oiseau, d’autant qu’elle était proche de deux hommes victimes de mystérieux assassinats. Comment la décririez-vous ?
Isabelle Gélinas : Elle a toujours une tête, un bras ou une jambe qui sort du cadre. Je ne dirais pas qu’elle est sans foi ni loi, parce qu’elle a un coeur… Mais elle est ingérable pour sa soeur, Soline, commandante de gendarmerie (Cécile Rebboah). Aurore est un peu un Robin des Bois au féminin. Elle a commis des escroqueries, aux dépens de multinationales et quelques grands bourgeois et a purgé une peine de prison. En même temps, elle est paumée, mais fière, drôle et attachante. Je me suis beaucoup amusée à l’incarner.
Elle va se retrouver dans les pattes de sa soeur, Soline, durant l’enquête. Qu’est-ce qui cloche entre elles ?
Quand leur père est mort, Aurore est partie en sucette et a commencé à faire ses bêtises. Soline a dû tout porter à bout de bras, soutenir leur mère, quand sa soeur était en prison, et combler le vide sidéral dans lequel les avait plongées la mort du père, d’autant que Soline, divorcée, a dû élever seule son fils. Et puis les deux soeurs ont des caractères opposés : autant l’une est immature, autant l’autre est psycho rigide. En réalité, elles ont un profond amour l’une pour l’autre, même si elles ne l’expriment pas.
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Comment s’est passée votre collaboration avec Cécile Rebboah ?
Nous sommes amies. On a souvent travaillé ensemble. J’ai joué avec elle et Guillaume de Tonquédec, en 2006, dans Le Jardin, une pièce de Brigitte Buc. On a ensuite tourné dans Fais pas ci, fais pas ça, pour France 2, et, plus tard, dans la série Les Chamois, pour TF1.
Quel souvenir avez-vous gardé de ce tournage landais ?
J’aime le Sud-Ouest, une région où il fait bon vivre avec des paysages de toute beauté. Les gens y sont accueillants, chaleureux, et je ne parle pas de la gastronomie…
Vous triomphez au Théâtre des Nouveautés, à Paris, dans Un château de cartes, aux côtés des comédiens Gérard Darmon et Stéphan Wojtowicz. Comment vous êtes-vous retrouvée dans cette aventure ?
J’ai été appelée en décembre 2024. J’ai lu cette pièce d’Hadrien Raccah, que j’ai trouvée extraordinaire. J’étais très contente de retourner au théâtre, car c’est sur les planches que je me régénère.
Qu’est-ce qui fait, selon vous, le succès populaire de cette pièce ?
Ça commence comme une scène assez classique, un mari, Adam (Gérard Darmon), fait une crise de jalousie à son épouse, Caroline, que j’interprète. C’est plutôt bien écrit, bien enlevé, et puis, tout d’un coup, il y a un bruit dans la maison. Le mari part dans la salle de bains et, quand il revient, sa femme a disparu… À partir de là, commence une toute autre histoire. Le spectateur est promené de surprise en surprise sans jamais être perdu. Le public était venu pour rire, il repart très ému, voire bouleversé. C’est une pièce sur l’amour. Je la qualifierais de farce tragique.
Avez-vous d’autres projets ?
J’ai tourné dans Le Diplôme, une série en six épisodes pour TF1, primée au Festival de La Rochelle, en septembre, avec Clémentine Célarié et Bernard Campan, entre autres. J’ai un projet pour le cinéma, mais il est trop tôt pour en parler.
Meurtres à Mont-de-Marsan, samedi 11 octobre à 21h10 sur France 3