Ouvrez l’oeil si vous passez près du canal de Reims. Vous verrez peut-être un bateau à tête de dragon et son équipage, des femmes de l’association Ensemble pour Elles, opérées d’un sein après un cancer. Des Dragon Ladies qui, après avoir raconté, en 2011, leur histoire dans Nous irons à Venise (dans Thalassa, sur France 3), ont inspiré le scénariste Clément Koch
Un film “miracle”
Si Le Souffle du dragon était destiné au cinéma, les producteurs ont essuyé moult refus. "Retrouver une histoire déjà vécue est un sujet d’angoisse", note Martine de Clermont-Tonnerre (MACT Productions), qui, sur les conseils de son fils Thierry, s’est tournée vers la télévision et M6. "En trois ou quatre mois, l’affaire était bouclée", et le projet monté en cinq semaines. Stéphanie Pillonca, la réalisatrice, a tourné durant vingt et un jours, entre juin et juillet 2022, avec un objectif clair : que la fiction soit prête pour la campagne Octobre rose 2022. "Un film, c’est une aventure un peu folle qui tient du miracle. On n’a pas le temps de laisser tourner, il faut beaucoup de travail en amont et des acteurs qui ont envie d’en découdre", confie-t-elle.
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Une quête de vérité
Trois membres de l’association, dont la présidente, Claire Fiaschi, jouent dans ce téléfilm. Il était impossible, en effet, pour la réalisatrice Stéphanie Pillonca de tourner sans ces femmes qui allaient « donner la vérité » à son film. Une authenticité qu’elle recherchait aussi chez ses comédiennes. "Stéphanie travaille beaucoup à l’intuition. Elle crée une ambiance et nous laisse faire. Puis elle prend sa caméra, souligne Bérengère Krief qui salue son talent de cheffe de groupe. J’ai l’impression que c’est un club dans lequel on entre et on n’en sort plus vraiment. " (Rires)
Faire corps
La présence des vraies pagayeuses a été précieuse pour la troupe d’actrices novices en bateau dragon. "Elles nous ont portées… En une semaine, j’ai eu une sciatique et j’ai découvert un muscle dans le fessier que je ne connaissais pas", plaisante Julie Gayet, elle aussi au casting. Elle insiste, avec Firmine Richard, sur l’organisation très stricte du bateau. Bérengère Krief confirme : "Chacune sa place. On rentre dans un certain ordre et l’on en sort de la même façon. C’est impossible de jouer les électrons libres… Il faut faire corps."
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De l’espoir
À travers ce film, Stéphanie Pillonca rend hommage à tous ceux qui affrontent cette double épreuve que sont « la maladie et le regard des autres ». "Vous dites “cancer”, les autres pensent “mort”. C’est un raccourci trompeur et dévastateur", regrette la présidente de l’association, Claire Fiaschi, en précisant que son sport permet de faire du bien au corps, mais aussi de "renouer un lien social, sans parler de la maladie et sans jugement". Voir ces femmes debout, solaires et joyeuses malgré tout, c’est « la » leçon à retenir pour Firmine Richard : "Il peut y avoir une vie après cette opération du cancer du sein."
Le souffle du dragon : mardi 11 octobre à 21h10 sur M6
Pauline Hohoadji