Le Nouveau (M6) – François-Xavier Demaison : « C’est un téléfilm de Noël sans la neige ! »

Publié le 21 décembre 2023 à 9:45
Jonty CHAMPELOVIER / ELEPHANT STORY / B2 / M6
Dans cette tendre comédie, l’acteur se glisse avec délice dans la peau d’un homme perdu après un AVC, et qui réapprend à vivre au contact des enfants d’une école communale.

Comment est née l’idée de cette fiction, dont vous êtes le co-producteur ? 

François-Xavier Demaison : Elle vient de mon ami Charlie Dupont, qui incarne l’instituteur Jean-Michel, dans le téléfilm. Il était en vacances chez moi quand il m’a parlé de l’histoire vraie d’un copain de copain. À la suite d’un AVC, ce chef d’entreprise ne savait plus ni lire ni écrire. De là, on a tiré le fil d’un patron qui retourne à l’école à 50 ans… 

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette histoire ? 

Imaginer un adulte dans ce small world (petit monde, en français, ndlr), au mi lieu des pissotières ou des pupitres d’écoliers, nous faisait rire. On trouvait ça drôle et tendre. On aimait aussi l’idée de la confrontation d’un adulte qui n’a jamais su quitter l’enfance – l’instituteur – avec celui qui a oublié qu’il avait été un enfant – le patron. Tous les deux sont incomplets et ne peuvent donc pas avancer dans la vie… 

Vous avez choisi d’incarner Alexis, ce patron stressé qui a abandonné sa passion du dessin pour succéder à son père. Est-ce parce que son parcours vous parle ? 

Sans doute, oui. J’étais avocat, comme mes parents, avant de devenir comédien. Tout ce qui a trait au changement de vie est donc assez existentiel pour moi. (Rires) Je me suis senti à l’aise dans ce personnage, pour qui tout est tracé mais qui, un jour, va voir sa carapace se fendre et devoir accepter sa faiblesse. J’ai pu y mettre des choses très personnelles. 

Avec cette fiction, avez-vous souhaité dire qu’il ne faut pas perdre sa vie à la gagner ? 

Exactement ! C’était l’une des grandes phrases de mon premier spectacle, Deuxième acte. Ça peut paraître un peu naïf, mais cette philosophie m’accompagne depuis toujours. La vie est courte, il ne faut pas traîner des obligations au risque de passer à côté de soi-même ! Lâcher prise est difficile. Mais à tout vouloir contrôler, on risque de se planter… Parfois, on doit aussi faire confiance à l’existence et prendre le temps de partager des moments avec nos proches. Ce film porte ces jolies valeurs… 

Vous avez donné la réplique à des enfants, notamment à Noé Chabbat, qui joue Binou…

On a eu la chance de trouver en Noé un garçon d’une sincérité absolue, aussi rigolo qu’émouvant. Toutes les séquences avec les enfants étaient des moments suspendus, d’une poésie merveilleuse. Cette école, qui est l’archétype de celles que l’on a connues, va rappeler beaucoup de souvenirs aux gens : le lino dans les classes, l’odeur de la cantine, ou celle du chocolat chaud au moment du goûter ! 

Une petite madeleine de Proust à déguster juste avant Noël, en somme… 

Tout à fait ! Le Nouveau, c’est un téléfilm de Noël sans la neige. Il en a tous les ingrédients – une école à sauver, un personnage qui cherche sa trajectoire, une rédemption – sauf qu’il fait 40 °C ! (Rires) 

Vous serez bientôt à l’affiche de la série Le Négociateur, sur TF1… Pouvez-vous nous en dire plus ? 

J’incarne ce professionnel du Raid un peu décalé, très bon dans son travail, mais qui, à la maison, se fait mener par le bout du nez par ses trois filles… C’est familial, rigolo et il y a, en plus, de l’action ! 

Par
Katia de la Ballina