Macho, raciste, homophobe, violent… Thierry Chevalier, votre personnage, a tous les défauts pour plaire, non ?
Grégoire Bonnet : J’adore les personnages truffés de défauts ! Ce sont les plus intéressants à jouer. Pour moi, Chevalier n’est pas hyperviolent ou machiste, c’est surtout un flic à l’ancienne, à la traîne, pas très en phase avec l’époque. Il est balourd, mais en même temps, il est marrant, car ce sont les défauts qui font rire. Et puis, par ailleurs, il est juste, il a du flair : dès le début, il pose le bon diagnostic. Des personnages comme ça, on n’en voit pas beaucoup.
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On vous imagine très différent de lui. Cela vous arrive-t-il de faire des barbecues, nu dans votre jardin, en écoutant de la musique celtique ?
(Rires) Non. Vous savez, le plus drôle, c’est qu’on voyait mes fesses, et que France Télévisions a préféré les couper au montage !
Avec sa jeune coéquipière (jouée par Clarisse Lhoni-Botte), végane et féministe, cela tourne plus au duel qu’au duo. C’est ce qui vous a séduit ?
J’ai passé trois semaines formidables avec elle, à Angoulême. On a bien rigolé. Nos personnages forment un binôme assez efficace. On verra si cela évolue.
La fin laisse supposer une suite. Êtes-vous prêt à transformer l’essai en série ?
Ah, j’adorerais ! Les audiences décideront. Je serais vraiment triste si cela ne continuait pas.
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Grégoire Bonnet : "Je n’ai jamais eu de problème avec un pharmacien"
Cela fait dix ans que vous incarnez Philippe dans Scènes de ménages, sur M6. N’avez-vous jamais de lassitude ?
Non, on s’amuse toujours autant, avec ma camarade, Amélie Etasse. Chaque année, nous avons un séminaire avec toute l’équipe, les réalisateurs, les auteurs − qui sont une bonne vingtaine… et chacun fait des suggestions. On dit souvent n’importe quoi, mais en discutant, ça aboutit aussi sur de bonnes idées !
Quand vous entrez dans une pharmacie pour acheter de l’aspirine, vous ne ressortez pas avec de l’arsenic ? (Rires)
Je n’ai jamais eu de problème avec un pharmacien. Au contraire, ils sont toujours contents de me voir. On se marre . chaque fois. C’est l’Ordre des pharmaciens qui a râlé (trouvant que la série de M6 donnait une image déplorable de la profession, ndlr). D’ailleurs, ça me fait penser qu’il y a longtemps qu’on ne les a pas emmerdés. Je vais en parler au séminaire !
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Cinéma, télé, théâtre, pub : vous êtes un acteur « complet », et donc comblé ?
C’est exactement ce que je voulais lorsque j’étais jeune acteur : aller dans toutes les directions, jouer Charcot dans Le Bal des folles, puis enchaîner avec Philippe dans Scènes de ménages. J’ai envie d’interpréter toutes sortes de rôles. Je suis comblé, mais j’ai beaucoup travaillé, aussi : quand on joue un mauvais type, il faut aller chercher ce qu’il y a de plus salopard en soi.
Votre fille, qui a 17 ans, est-elle fascinée par votre métier ?
On regarde beaucoup de films ensemble, mais je crois qu’elle se destine plutôt au droit, comme sa maman, qui est avocate.
Dans la série, vous pilotez une moto. Dans la vraie vie, avez-vous une voiture « blouge » (en référence à la pub Volkswagen, dans laquelle il joue un client indécis) ?
Cette pub était très drôle, elle a eu un impact incroyable. On m’en parle toujours ! Je pourrais avoir le plus beau des rôles au cinéma, qu’on ne me parlerait que de ma voiture blouge !
La Manière forte, vendredi 6 juin à 21h10 sur France 2