Dans une ville du Midi, une jeune femme sollicite un élu local pour obtenir un logement. L’individu, sans scrupule, décide de profiter de la situation. Le maire, qui a plus du double de son âge, a décelé d’emblée une proie dans la jeune femme gracile, à la fois affranchie et intimidée par son pouvoir. Il a demandé à l’un de ses obligés, le gérant du casino local, d’octroyer à Laura l’un des studios sous les toits, et un travail derrière le bar : une prétendue faveur qu’elle paiera cher…
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Après des décennies d’un silence assourdissant, les fictions sont désormais nombreuses à s’emparer de la question des abus sexuels et du consentement. Le bouleversant téléfilm d’Arte est de celles-là. Adapté du roman éponyme de Tanguy Viel, paru en 2021, La fille qu’on appelle décompose implacablement les mécanismes de l’emprise, à travers l’histoire de Laura (Alba Gaïa Bellugi, épatante de justesse), jeune femme lumineuse, réduite en victime impuissante des désirs dominateurs d’un notable. Quand elle revient en Bretagne après un passage raté à Paris, son père (Jean-Pierre Martins), ex-gloire de la boxe et chauffeur du maire de la ville (Pascal Greggory, glaçant), demande à ce dernier de l’aide pour lui obtenir un logement. Mais il en ignore le prix, celui du corps de sa fille… Pour Laura, c’est le début de la descente aux enfers, filmée avec empathie par Charlène Favier. La réalisatrice connaît bien le sujet des violences faites aux femmes pour y avoir été confrontée et les avoir décrites dans Slalom, son premier film, autobiographique.
La fille qu’on appelle, vendredi 13 octobre à 20h55 sur Arte