Gwendoline Hamon (Maman, ne me laisse pas m’endormir) : « Ce film peut vraiment aider les mômes »

Publié le 26 avril 2023 à 8:52
© Raoul GILIBERT
Adaptée d’une histoire vraie, cette fiction suit le combat d’une mère et de son fils adolescent, devenu dépendant aux benzodiazépines. Gwendoline Hamon fait une composition bouleversante.

Avez-vous été surprise que l’on vous contacte pour jouer dans ce téléfilm ? 

Gwendoline Hamon : Maman, ne me laisse pas m’endormir est l’adaptation du livre éponyme de mon amie Juliette Boudre, dans lequel elle raconte la longue descente aux enfers de son fils Joseph, décédé à 18 ans d’une overdose médicamenteuse. Je connais toute l’histoire, et le combat qu’elle a mené avec sa famille. Juliette m’a dit qu’elle ne voyait que moi pour l’incarner à l’écran. J’ai reçu sa proposition comme un honneur… et comme une lourde responsabilité. 

Pour quelle raison ? 

Je craignais de décevoir Juliette. J’avais peur, aussi, de ne pas être à la hauteur de la femme qu’elle est. Au fur et à mesure, mon angoisse s’est envolée. J’ai réussi à aborder ce rôle comme n’importe quel autre. Sylvie Testud (qui réalise le téléfilm, ndlr) m’a formidablement bien dirigée, aussi. Elle ne m’a pas laissée partir dans des travers trop émotionnels. 

Votre amie Juliette était-elle près de vous sur le plateau ? 

Oui, en effet. Quand je lui ai confié ma peur de passer à côté du rôle, elle m’a rassurée en m’affirmant que c’était impossible, que nous étions trop proches et trop liées l’une à l’autre. Pendant le tournage, elle me disait : "C’est exactement comme ça que ça s’est passé. C’est comme ça que je l’ai vécu." J’y suis allée à tâtons. Ma priorité, c’était d’être la plus juste possible. 

Ce film est un témoignage bouleversant sur le danger que représentent les benzodiazépines (des médicaments prescrits principalement pour soulager l’anxiété) à l’égard d’une jeunesse qui est en manque de repères… 

Le film touche une vérité : l’addiction est insidieuse. Que l’on soit accro au tabac, à l’alcool ou à la drogue, elle est difficile à combattre, une fois qu’elle s’est installée. Et encore plus pour un adolescent qui n’a aucune conscience du danger. Il est fondamental que nous, parents, nous communiquions avec nos enfants pour les aider à savoir comment se comporter face aux sollicitations qu’ils risquent de connaître. 

C’est un sujet que vous avez abordé avec Gabriel, votre fils âgé de 18 ans ? 

Bien sûr. Je lui en ai parlé mille fois, avant même qu’il ressente le besoin de me poser des questions. Je l’ai emmené avec moi à la projection du téléfilm. À l’instar de tous les jeunes spectateurs, il en est sorti ébranlé. 

Il était important, pour vous, d’alerter le public sur ce type d’addiction ? 

Bien évidemment. Je pense que ce film peut vraiment aider les mômes, et même en sauver certains. Il est nécessaire de le montrer aux lycéens. Il faut les forcer à le regarder, parce qu’ils n’iront pas le voir d’eux-mêmes. 

On sent une grande complicité avec Nemo Schiffman, l’interprète de Joseph (fils de l’actrice et réalisatrice Emmanuelle Bercot). Vous vous connaissiez ? 

Non. Nous nous sommes rencontrés lors des essais caméra. Instantanément, je l’ai trouvé extrêmement gracieux, touchant et sensible. Nemo est un jeune acteur fantastique, un être à part, qui a toutes les qualités pour devenir un grand comédien. 

Maman, ne me laisse pas m’endormir, mercredi 26 mai à 21h10 sur France 2

INTERVIEW CATY DEWANCKÈLE 

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