Après des années de silence radio, Sandrine découvre que sa fille, Vanessa, partie rejoindre Daech, va être rapatriée en France, qu’elle risque la prison et qu’elle a un fils, Hicham. Qu’est-ce qui vous a intéressée dans ce rôle ?
Sylvie Testud : Ce qui me plaisait, c’était de voir Sandrine et Hasna se lancer dans cette histoire, pensant pouvoir apprivoiser Hicham, avant que leurs certitudes ne se cassent la gueule. Du coup, il y avait une évolution, un parcours.
C’est donc plus le personnage de Sandrine, que vous incarnez, que le sujet des « revenantes » de Daech, ces femmes françaises djihadistes ou compagnes de djihadistes et de leurs enfants, qui vous a séduite ?
Sur le sujet en lui-même, je me suis dit au départ : « Ouh la ! Attention… » Ce qui m’intéressait, c’est ce rapport que l’on a à son enfant quand on est parent. À quel moment, on se dit : « Mais qu’est-ce que j’ai raté ? » Malgré l’éducation que l’on donne, la société, les gens que votre enfant rencontrera au cours de son existence façonneront aussi ses opinions. Et donc… sa vie.
Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle ?
Je travaille beaucoup mon texte pour avoir la base la plus solide possible et ensuite pouvoir jouer avec tout ce qui se passe en plateau : mon partenaire, les objets, la situation…
Avec Meriem Serbah, avez-vous discuté de la dynamique entre vos deux personnages avant de tourner ? Ou vous êtes-vous dit « on verra sur le plateau » ?
On ne peut jamais décider à l’avance d’avoir une intimité, une proximité, un lien fort avec quelqu’un. Ça se vit. Mais à partir du moment où la caméra a commencé à tourner et que l’on s’est mises à jouer, on a eu accès l’une à l’autre très rapidement. Ce qui est beau chez Meriem, c’est qu’elle dégage quelque chose de très fort mais aussi beaucoup de sensibilité. C’est rare de trouver ça chez une même personne.
À lire également
Deux gouttes d’eau (France 2) Sylvie Testud : « J’ai été fascinée par Michaël Youn »
Je rebondis sur votre réponse : je croyais que les comédiens pouvaient jouer, simuler la complicité avec leurs partenaires…
On peut le jouer, c’est évident ! Mais avoir une vraie complicité et pouvoir la faire sentir, ressentir dans une scène, c’est autre chose. On ne peut pas l’inventer.
Ce téléfilm a été tourné à Lille et dans les environs. Cela a-t-il eu un effet sur vous ?
Je ne me suis pas vraiment posé la question, mais on joue toujours avec ce qui se passe autour de soi. Le fait que cela se déroule dans le Nord, avec un soleil qui n’est pas vraiment radieux, c’est plutôt pas mal. Cela sert le propos du téléfilm. On sent que Vanessa, ma fille (jouée par Cypriane Gardin, vue dans HPI), a fui un environnement, une culture… sa mère.
Elles deux, mercredi 22 avril à 21h10 sur France 2