Lorsqu’on vous propose un nouveau projet policier, que faut-il au personnage pour que vous acceptiez de l’incarner ?
Sara Martins : Au-delà du scénario, je prête attention à ce qui est « annexe ». Ici, j’ai tout de suite aimé l’histoire et l’équipe avec laquelle j’allais travailler. Avec mes partenaires de jeu, nous formions une petite famille. On se connaissait tous plus ou moins, sauf Tiphaine Daviot (qui joue Magali, ndlr), dont j’ai découvert le talent. Elle est incroyable !
Vous connaissiez donc déjà Marie Denarnaud, à qui vous donnez la réplique ?
Oui, mais c’est la première fois qu’on travaille ensemble. On savait qu’on aurait cette connivence. Nos deux personnages sont forts. Au départ, tout est fait pour qu’elles soient rivales, mais elles dépassent ça et deviennent vite complices. Globalement, tous les rôles sont bien développés. Peut-être avaient-ils été écrits pour une série ?
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Cela vous plairait-il que ce téléfilm devienne récurrent ?
Nous nous sommes rapidement aperçus que cette équipe fonctionnait à merveille. Alors si tout le monde est d’accord et, surtout, si le public adhère, pourquoi pas ?
Ces policiers traquent un meurtrier qui exécute des hommes passés entre les mailles du filet de la justice…
Oui, et cette question de morale est intéressante. Ce tueur qui tue des salauds a-t-il raison ? En tant que flic, la réponse est « non ». On ne fait pas justice soi-même, mais, ici, on n’a pas envie de totalement détester le « méchant ». Et puis, ce téléfilm s’inscrit dans l’ère du temps avec des préoccupations féministes essentielles. À quel moment les hommes se sontils crus libres d’abuser des femmes et d’adopter un comportement inapproprié ? Quand je revois certaines émissions des années 1990-2000, dont j’étais pourtant fan à l’époque, je suis scandalisée ! Comment ne nous sommes-nous pas rendu compte du caractère déplacé de certaines questions, moqueries ou agissements ? C’est bien que cela nous choque aujourd’hui, ça prouve que les mentalités changent. Tout du moins, je l’espère…
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Vous êtes une actrice de théâtre, de télé, de cinéma, mais aussi, et on le sait moins, de doublage…
Oui et le public s’en est réellement rendu compte avec le film d’animation Le Robot sauvage, de Chris Sanders, dans lequel je prête ma voix à Roz, le robot. C’est un exercice que j’adore, un plaisir de jeu pur et qui n’est pas du tout secondaire pour moi. En tant qu’acteur noir, on n’a pas toujours eu beaucoup d’opportunités de travail et le doublage est le bastion où les acteurs français de couleur ont pu évoluer. Il y a une autre réalité surprenante, c’est que s’il y a un acteur noir à l’image, on engage un acteur de doublage noir également. Tant mieux quelque part… Je pourrais aussi bien doubler des femmes blanches, mais jusqu’à maintenant, j’ai prêté ma voix à Halle Berry, Rosario Dawson, ou encore Zoe Saldaña.
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Jusqu’à présent, il se fichait que je sois comédienne ! J’ai enfin gagné son respect ! Ma carrière peut donc s’arrêter maintenant. (Rires)
Comme une ombre mercredi 28 janvier à 21h10 sur France 2