Dans quel état êtes-vous après ces 14 semaines d’aventure ?
Pierre. C’est fou ! Je viens de redécouvrir le monde extérieur ! (Rires). Je suis encore sur mon petit nuage mais j’ai pu revoir ma famille après le prime. Je n’ai pas beaucoup dormi mais je suis très content d’être sorti.
Vous commenciez à être épuisé physiquement ces dernières semaines…
Forcément, c’est une aventure très intense. Et moins nous étions au château, plus c’était compliqué car nous avions beaucoup à répéter pour les primes. Il y avait énormément de plaisir mais aussi une nécessité de trouver des ressources.
On a toujours envie de savoir ce qui se passe dans la tête du gagnant quand il entend son nom prononcé par l’animateur…
Franchement, moi je n’ai pas réalisé ce qu’il se passait. Je me suis dit "Oh, incroyable !". J’ai vu ma famille très fière, puis tout le monde est arrivé sur le plateau pour me prendre dans leur bras. Ce fut un moment de bonheur immense.
Enchainer les interviews aujourd’hui, c’est étrange pour vous ?
Oui car cela fait trois mois que je vis dans une bulle, à ne faire que de la musique, sans aucun contact avec l’extérieur. Sortir brutalement et se prendre cette vague en pleine face, c’est incroyable. Je ne savais pas ce qui m’attendait dehors. Mais c’est une chance de fou.
C’était une finale sans compétition ?
Sincèrement, oui. Avec Julien, nous avons une belle relation et notre prime a été très intense, très dur. Il a vraiment fallu qu’on se soutienne mutuellement pour que chacun arrive à donner le meilleur de lui-même. Je pense que c’est ce qui s’est passé. On a réussi notre mission. Nous avons un peu oublié la compétition, le temps de profiter de cette dernière fois. On savait qu’on ne revivrait plus une telle aventure. D’ailleurs, quand Nikos a prononcé mon nom, Julien était aussi content que moi, il m’a même porté sur son dos ! On était très fiers de nous, il m’a félicité, il n’y avait aucune rancune. Cette aventure est positive pour nous deux.
Quel est votre plus beau souvenir de prime ? Ce moment où, hier soir, Dadju décide en plein direct de chanter votre chanson plutôt que la sienne ?
Oui, c’est un souvenir immense. Personne n’était au courant, il a pris cette initiative et franchement, quel beau cadeau ! J’étais totalement surpris, je n’ai pas compris immédiatement pourquoi il s’arrêtait comme ça, en plein prime. Quand j’ai commencé à chanter ma chanson et que j’ai vu tout le monde reprendre les paroles en chœur, j’étais ému. Je n’oublierai jamais ce moment.
Que s’est-il passé une fois les caméras éteintes ?
J’ai profité un peu de mes proches, en dehors du plateau, ça m’a fait beaucoup de bien… Puis, nous sommes allés fêter la fin de cette magnifique aventure avec les anciens, les professeurs et tous ceux qui ont travaillé sur cette émission. Une petite sieste de quelques heures et puis c’était reparti !
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Vous avez savouré vos retrouvailles avec votre ami Victorien ?
Oui ! C’est vrai qu’il est parti il y a quand même deux mois maintenant. Ça fait longtemps que je n’avais pas pu lui parler. De voir qu’on était toujours aussi complices m’a fait très plaisir. Je suis heureux que tout se passe bien pour lui.
Est-ce que vous avez peur de ce qui vous attend ?
Non, pas vraiment. Je suis assommé d’informations, il y a énormément de choses que j’ai ratées ces derniers mois. Et je ne m’attendais pas à autant de ferveur et de soutien. C’est magnifique. J’essaye simplement de rester calme et de prendre ces nouvelles avec plaisir. C’est du bonus.
Vous avez donc découvert la "Pierre Mania" qui a touché la France !
Quelle surprise ! J’ai essayé de mener cette aventure du mieux que je pouvais, d’apprendre, de me donner au maximum et de jamais me plaindre. J’ai travaillé comme je le fais toujours. De voir à quel point que j’ai pu toucher les gens me rend infiniment reconnaissant. J’espère que ça continuera…
La première fois qu’on vous a découvert dans votre portrait, vous aviez l’air très détendu. Et cette apparente décontraction vous a été d’une grande aide pendant les semaines au château…
C’est vrai que je suis quelqu’un de plutôt décontracté, même si, au fond, je cache pas mal de stress et de timidité. Mais cette aventure m’a aidé à prendre confiance en moi et à me lâcher. Mon tempérament calme m’a permis ne pas trop paniquer, de toujours garder les pieds sur terre.
Qu’est-ce que chacun des professeurs vous a apporté ?
Tant de choses ! En danse par exemple, je partais de zéro. Malika m’a appris à bouger mon corps et à ne pas en avoir peur. Pierre m’a permis d’être confiant sur scène. En chant bien sûr, c’est là où j’ai l’impression d’avoir le plus évolué, j’arrive à atteindre des notes improbables ! J’ai beaucoup plus confiance en ma voix qu’avant, je commence à l’apprécier… L’expression scénique m’a permis, sur les primes, de rentrer dans les chansons et d’y prendre du plaisir. Et grâce au sport – que je ne pratiquais pas beaucoup avant de rentrer dans le château ! – je suis moins essoufflé pendant les prestations, plus performant.
A aucun moment vous n’avez imaginé votre popularité à l’extérieur. Puis il y a eu votre retour chez vous, à Villedieu-les-Poêles-Rouffigny…
Au début, cela m’a paru étrange. Je me suis dit : "Mais qu’est-ce que vous faites tous là ?" (Rires). Finalement, ce n’est que du bonheur, cela veut dire que les gens m’apprécient, qu’ils sont contents pour moi. Ce retour m’a totalement reboosté pour la fin de l’aventure. Faire un beau prime de finale, c’était une manière de rendre ce que les gens m’ont donné.
Avez-vous hésité avant de vous inscrire aux castings de Star Academy ?
Je m’étais dit que ce serait une bonne chose d’avoir accès à des cours professionnels et de rencontrer des artistes, moi qui suis autodidacte. Je me suis lancé sans forcément y croire, sans prétention aucune.
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Il y a eu beaucoup d’amitié et de bienveillance dans ce château… Vous trouvez que c’est à l’image de votre génération ?
C’est possible… Je pense que c’est la passion qui nous a réunis. Je ne peux pas expliquer ce côté "famille" mais nous étions présents les uns pour les autres. Personne n’a mis des bâtons dans les roues de l’autre. Je suis très heureux d’avoir pu transmettre ce message d’entraide, qu’on peut vivre, tous ensemble, sans compétition.
Votre relation avec Héléna a beaucoup fait parler…
J’ai appris ça, oui ! (Rires). Quand on est dans le château, on n’a pas conscience des choses. Avec Héléna, on s’est rapprochés car nous avions les mêmes goûts musicaux. C’était aussi une forme d’entraide. Je ne pensais pas que les gens pourraient l’interpréter autrement… Nous sommes tout simplement amis et cela restera comme ça.
Dadju vous a dit que vous teniez un tube quand vous lui avez chanté votre chanson. Comment est-elle née ?
Je l’ai écrite avec d’autres personnes il y a quelques semaines, avant d’entrer dans le château. On galérait à l’écrire… Puis, on s’est demandé ce qui nous reliait tous. Réponse ? Les chansons d’amour un peu tristes. En une heure, elle était là.
Vous avez réuni vos chagrins d’amour ?
Exactement ! (Rires). C’est une chanson qui me représente tellement bien… Je pense que ce sera mon premier single, je vais essayer de le sortir le plus tôt possible.
Quel est le meilleur conseil qu’un artiste vous ait donné durant cette aventure ?
Tous nous ont dit de rester nous-même, de ne pas oubliez d’où on venait et de faire de la musique qui nous plaise avant tout, sans forcément suivre la tendance.
C’est comme ça que vous envisagez la suite de votre carrière ?
Oui, c’est quelque chose qui va être important pour moi. J’ai envie de faire un projet qui me ressemble et dans lequel je me retrouve. Il faut que je me pose les bonnes questions, pour savoir qui j’ai envie d’être artistiquement et ce que j’ai envie de partager avec les gens. Mais d’abord, il y a la tournée qui va être énorme, on va rencontrer ce public qui nous soutient depuis le début. Il va falloir beaucoup travailler.
Depuis le début, vous étiez l’un des grands favoris. Vous êtes heureux de ne pas l’avoir su ?
Oui car la bulle dans laquelle on vit est très importante, elle nous coupe des parasitages de ce genre qui pourraient soulever des questions comme "Il est plus aimé que moi, est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ?". On a vécu notre aventure à fond et rien d’extérieur ne nous a perturbés. C’est d’ailleurs ce qui nous a aidés à rester souder comme on l’a été. Je suis bien content de ne pas l’avoir, oui.