Sans trop en dévoiler, êtes-vous satisfaite des résultats finaux de cette nouvelle saison ?
Je suis satisfaite de toutes les saisons, y compris de celle-ci ! (Rires). Si on décide de faire se rencontrer des gens et de les marier, c’est parce qu’on y croit.
Qu’est-ce qui vous plaît personnellement dans cette aventure ?
Au tout début, il y avait une vraie excitation intellectuelle. En psychologie, la question de la compatibilité amoureuse est explorée depuis les années 30, elle a toujours été au cœur des préoccupations. C’est donc exceptionnel pour moi de pouvoir participer à une expérience grandeur nature sur le sujet, et qui fait réfléchir toute la profession.
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Quelles sont les différentes étapes avant d’arriver à ce qu’on voit à l’antenne ?
Il faut déjà savoir que le protocole est très long. Certains candidats s’inscrivent à l’émission un an et demi avant sa diffusion. Une première sélection est faite par la production. Ils éliment les personnes qui ne sont pas motivées ou qui sont déjà en couple et veulent en changer ! Puis Gilbert Bou Jaoudé, médecin sexologue, et moi-même, rencontrons les potentiels candidats et candidates pour leur faire passer des tests.
En quoi consistent ces tests ?
Je n’ai pas le droit d’en parler… Leur but est d’identifier avec finesse la personnalité de chacun, leurs grandes variables, notamment au niveau des valeurs, des mouvements psychiques, des goûts…. Une fois dessiné un profil psychologique très précis, on peut établir des compatibilités.
Comment obtient-on le match presque parfait ?
C’est un travail longuissime, très chronophage et…très secret ! (Rires). Les téléspectateurs doutent parfois, se demandent si les futur(e)s marié(e)s se rencontrent avant la cérémonie… Et la réponse est non. Ils n’ont aucune information, ne se connaissent pas, ne s’échangent pas. Ils ont simplement un rendez-vous chez le notaire -parce que c’est un vrai mariage-où ils entendent le son de leur voix. Je crois qu’une personne qui chercherait à tout prix à savoir avec qui elle va se marier, n’aurait pas sa place dans l’émission.
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Pour quelles raisons les gens candidatent à Mariés au premier regard selon vous ? On imagine que tout le monde n’a pas la capacité d’accepter ce saut dans le vide…
Oui et ceux qui ne l’ont pas le savent d’emblée et ne le font pas. Et puis il y a ceux qui pensent pouvoir le faire et qui abandonnent en cours de route face au processus. C’est tout à fait respectable. La liberté de parole et d’action est très importante sur ce programme.
Les candidats des précédentes saisons vous donnent-ils de leurs nouvelles ?
Bien sûr ! Non seulement j’ai créé des liens avec les personnes qui sont restées mariées et ceux qui ont divorcé, mais j’ai aussi gardé contact avec leurs proches. Je discute régulièrement avec la tante de Damien (saison 6), la maman de Pauline (saison 6), celle d’Alicia (saison 6), le papa de Gaétan (saison 3) … C’est une expérience humaine dans laquelle on n’embarque aussi les familles.
Avez-vous l’impression parfois de vous entêter quant au destin de certains couples comme celui que forment Jessica et Pascal cette saison ?
Non. On ne force rien ni personne. Nous établissons des compatibilités entre deux personnes, nous leur proposons une union. Il leur appartient de faire exister ce couple avec leurs désirs, leurs capacités mais aussi leurs limites. Quand ils sont face à des difficultés, nous sommes là pour les accompagner, devant et hors-caméra. A aucun moment on se dit qu’on s’est trompé. Les gens sont compatibles, il n’y a pas d’erreur de notre part.
Vous semblez stressée, voire émue comme les candidats au moment de la cérémonie…
Oui car ce sont mes "petits mariés" comme je les appelle. Je suis très attachée à eux. Je me souviens d’un marié, une année, qui avait passé la journée à me chercher du regard. C’était quelqu’un qui n’avait pas confiance en lui et qui avait besoin d’approbation. C’est dans mes yeux qu’il a trouvé du réconfort.
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La nuit de noce est un moment angoissant pour eux ?
C’est surtout un moment de partage et d’intimité, au-delà de la sexualité. Et comme la plupart des gens qui se marient, ils passent souvent cette nuit à dormir car ils sont épuisés. Ce n’est pas vraiment la fête sous la couette ! Le lendemain, ils ont plaisir à se réveiller ensemble et à se découvrir.
Pour la première fois cette année, vous avez formé un couple gay. Aimeriez-vous plus de diversité encore dans l’émission ?
Le mariage gay a toujours été une possibilité dans l’expérience Mariés au premier regard, mais jusqu’à maintenant, nous n’avions jamais réussi à trouver un couple suffisamment compatible et motivé pour pouvoir les unir. De la même manière, on me pose souvent la question : "Pourquoi pas des personnes plus âgées ?". Il y en a qui s’inscrivent mais c’est une population qui est moins à l’aise avec l’image et la caméra. Quant aux personnes qui ont des physiques peut-être moins avantageux que d’autres (puisqu’on m’en parle souvent aussi) ils sont très sensibles aux critiques publiées sur les réseaux sociaux. Ils sont moins en sécurité, parfois mal dans leur peau, et abandonnent beaucoup plus que les autres. Mais l’expérience est ouverte à toutes et tous !
Interview d’Amandine Scherer