Les Traîtres (M6) : Laurent Ruquier et Hugo Manos, grands vainqueurs de la saison 3 ! Ils nous avouent leur surprise

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:36
Capture d'écran M6
Ils l'ont fait ! Pour la troisième année consécutive, ce sont encore des Traîtres qui remportent l'aventure. Cette année, c'est Laurent Ruquier, qui a si bien caché son jeu, et son compagnon Hugo Manos, qui sont parvenus à tromper les loyaux. Le couple s'est confié à Télé 7 jours sur cette aventure riche en émotions. 

Avez-vous été contactés dès le début pour intégrer l’aventure en couple ?

Hugo Manos (HM) : Je pense que pour la production, clairement c’était un choix dès le début. Après, la démarche a été bien plus stratégique de leur part puisqu’ils m’ont contacté en premier (rires). Et puis, il s’avère qu’avec Mathieu Chalvignac, avec qui j’avais déjà travaillé par le passé sur Les vacances des Anges en 2017, donc il y a très longtemps, on est un peu resté en contact et on a échangé sur Les Traîtres. Je lui ai parlé de ma passion pour le programme et de la passion aussi de Laurent pour le programme parce que Laurent aussi a beaucoup aimé ce programme les saisons précédentes. J’ai été une sorte de pont entre Laurent et le programme parce que c’est vrai qu’on avait du mal à imaginer qu’il puisse accepter de faire un programme comme ça. C’est vrai que j’ai été, je pense, celui qui a permis à la production d’avoir un profil comme Laurent.

Justement, Laurent, avez-vous eu des réticences ? Est-ce Hugo qui vous a convaincu ?

Laurent Ruquier (LR) : Il ne m’a pas poussé. J’étais libre, je n’avais pas d’obligations professionnelles à cette période-là. C’est la raison pour laquelle je l’ai fait. J’aurais été, comme les années précédentes, occupé sur d’autres chaînes par d’autres programmes, ça aurait été compliqué même s’il a fallu que j’enregistre quand même à l’avance beaucoup d’émissions des Grosses Têtes pour RTL. Mais j’étais libre professionnellement de toute chaîne, donc ça me permettait de le faire comme candidat. Et c’est vrai que j’avais vraiment adoré l’émission l’année précédente que j’avais découverte d’ailleurs, parce que je n’avais pas vu la première saison. J’avais vu la deuxième uniquement avec Charlotte de Turckheim. J’avais même appelé Charlotte pour la féliciter et lui dire que je la trouvais formidable dans l’émission.

Les réticences de Charlotte de Turckheim ne vous ont pas inquiété ?

 Pour vous dire la vérité, jee suis allé outre les réticences de Charlotte parce que l’émission m’amusait et puis je trouvais qu’au fond, ce qui se passait pendant le tournage, c’est une chose, mais le résultat à l’antenne, c’en est une autre. Et ça donne quand même une émission qui est formidable à regarder et que les gens adorent regarder. C’est encore vrai cette saison, donc non, je n’ai pas écouté Charlotte (rires). 

Laurent, lors du premier épisode, vous n’étiez pas forcément heureux d’être traître, non ? 

LR : Ce n’est pas que je n’étais pas heureux d’être traître (rires), c’est que j’avais peur. D’ailleurs, parfois, à juste raison, j’avais peur de ne pas être à la hauteur parce que je ne pense pas être le plus doué pour mentir. On ment tous dans nos métiers, on est bien obligé. Mais quand même là, c’est quelque chose qui est de l’ordre, à part pendant les 6 ou 7 heures pendant lesquelles on dort, du H24 pendant plus de 10 jours, donc c’est quand même une sacrée pression. Je ne m’en rendais même pas compte encore à ce point-là, quand déjà, j’avais des réticences. Ce n’est pas que je m’en fiche, je peux être traître, être loyal mais mon problème sur cette émission, c’est que j’ai une double casquette. C’est-à-dire que je ne suis pas seulement un candidat, je pense forcément aussi au rendu. Donc c’était compliqué pour moi parce que je voyais ce qui était bien ou pas bien pour l’émission, les autres candidats qui parlaient en même temps quand il ne fallait pas… Ça a été très fatigant pour moi. C’était un lourd travail.

Hugo, très rapidement vous vous êtes rendu compte que Laurent était traître… Vous avez bluffé au début ou vous en étiez vraiment convaincu ? 

HM : Je n’ai pas bluffé parce que je n’aurais pas pris un tel risque, parce que j’aurais pu aussi me ridiculiser (rires). Surtout, vues la force et la vigueur avec laquelle je lui ai mis la pression. Donc, j’étais sûr mais de toute façon, je pense que si on vient avec quelqu’un avec qui on vit, si on vient avec quelqu’un qu’on connaît par cœur, sa mère, son frère, c’est compliqué de cacher son jeu. Pour moi, le master traître dans l’histoire des traîtres, ça sera celui qui arrivera pendant 12 jours à tromper et à duper la personne qui vit avec son frère, sa sœur, sa mère, son amoureux, tout ce qu’on veut. Ça, pour moi, c’est du haut vol, parce que je pense que c’est presque impossible. Il y a des choses imperceptibles qu’on connaît chez les gens. Le regard vitreux d’une petite angoisse. Après, peut-être qu’on peut tenir une ou deux heures, mais au bout d’un moment, les masques tombent.

"Je sens mon cœur battre à 10 000 à l’heure"

Et justement, qu’est-ce qui a trahi Laurent ? 

HM : À la table ronde, la toute première où on enlève les bandeaux, la première chose que je fais, bien évidemment, c’est de l’observer. Je pars du principe que n’importe quel loyal, la première chose qu’il va faire, c’est observer la personne avec qui il est venu. Et force est de constater qu’il ne m’observait pas du tout (rires). Donc, le fait qu’il ne cherche pas, ça, c’est vraiment le premier indice. Il ne m’a pas regardé une seule seconde. Donc déjà, rien que ça, c’est un indice énorme. La première chose à faire, c’est d’essayer de faire croire qu’on est en train d’enquêter sur la personne qu’on sait lire.

LR : Quand Eric Antoine met la main sur mon épaule, c’est la panique (rires). Je n’arrive même pas à réfléchir à ce que je dois faire. C’est-à-dire que je suis dans un état où j’ai l’impression que tout le monde le voit et pas seulement Hugo… Je sens mon cœur battre à 10 000 à l’heure, j’ai des chaleurs. J’étais vraiment pas bien, pas bien, pas bien, pas bien du tout (rires). Et puis après, ça s’est tassé au fil des heures et des émissions, à part le moment, effectivement, du face à face avec Hugo.

Le fait qu’Hugo rejoigne finalement les traîtres, ça vous a rassuré ? 

LR : Non, je ne pense pas. Je pense même que ça a peut être un peu ajouté à la difficulté parce que ce n’est pas facile. C’est déjà le fait que d’un seul coup, on travaille ensemble. Et ce n’est jamais facile de travailler ensemble en couple où que ce soit. Donc, forcément, on n’a pas la même façon de voir les choses, de réagir pareil donc, non, je n’ai pas pris ça forcément comme un avantage. Le seul avantage, cela dit, c’était de me dire que c’est celui qui était le plus susceptible de me deviner, de me décrypter et qu’en l’ayant dans l’équipe des Traîtres c’est un risque en moins. 

Hugo, vous avez fait preuve d’un calme olympien malgré les accusations de certains. Vous êtes-vous senti en danger par moments ?

HM : Je ne me suis pas senti en grand danger. J’ai pris les mots clés qui représentent ce programme, à savoir, la stratégie, la manipulation, la dissimulation. Il y a à peu près cinq, six mots comme ça qui sont des mots clés, donc, c’est ce qu’attend le téléspectateur aussi. Je me suis dit : "Je suis traître, je ne vais pas non plus me mettre en danger en faisant des grandes tirades en me mettant trop en avant. Je ne vais pas jouer la commedia dell’arte parce que ça va être très sympathique à l’écran, mais peut-être que dès demain, je saute. Mais par contre, j’ai quand même envie de jouer".

Donc j’ai essayé de jouer en sous-marin pour mettre en place des stratégies, avoir un côté manipulateur nécessaire au rôle de traître, selon moi, en me disant : "Je vais essayer d’avoir le beurre, l’argent du beurre, donc de faire des choses pour exister, tout en ayant mon objectif principal qui est celui d’aller au bout". Je pense avoir été assez peu soupçonné d’ailleurs, il y a eu très peu de votes contre moi, mis à part celui de Frédérique qui était une traître. Sinon, jusqu’à la finale, il n’y a aucun vote contre moi. J’étais sur une sorte de balance en permanence en équilibre. 

"C’est un truc qu’on ne pouvait pas imaginer !"

Vous gagnez finalement cette troisième saison ensemble. Pensiez-vous que c’était possible en entrant dans le jeu ?  

LR : C’est un truc qu’on ne pouvait pas imaginer ! D’abord, on ne pouvait pas l’imaginer avant, on ne pouvait même pas l’imaginer le premier jour puisque j’étais seulement traître et pas encore Hugo. On est tellement dans le jeu. Je n’ai même pas réfléchi et essayé de savoir ce qui allait se passer. J’ai essayé de faire étape par étape. C’est un jeu compliqué et je ne pouvais même pas imaginer ou comprendre qu’on puisse gagner tous les deux à la fin. Et même lors de la finale ! Je n’en pouvais plus, j’étais moins en forme qu’Hugo. Donc, j’ai donné mon maximum lors de cette dernière ligne droite mais j’étais moins winner que Hugo qui voulait gagner. Bien sûr, je joue toujours pour gagner, mais c’est comme ça dans la vie aussi. Je cherche à m’amuser également mais je ne cherche pas forcément à gagner-gagner même si je fais tout pour parce que je ne fais pas les choses à moitié. 

Et vous Hugo ? 

HM : Je ne l’ai pas imaginé jusqu’à la finale et après, j’ai compris à la finale qu’on était plus que six et que déjà, j’avais bien évidemment envie de gagner avec Laurent, mais que surtout, on ne pouvait pas gagner l’un sans l’autre. C’était vraiment un jeu d’échec (rires). La probabilité pour qu’un seul de nous deux gagne avec trois personnes qui étaient main dans la main et qu’on ne pouvait pas séparer, à savoir Danielle, Gwendal et Arthur, était mince. Si Laurent ou moi n’appliquions pas exactement à la lettre ce qui était nécessaire pour arriver au bout, on perdait. Donc arriver à la finale, c’était soit on gagnait tous les deux, soit on perdait tous les deux parce qu’il n’y avait vraiment plus que quelques petits pourcentages de chances qu’un seul de nous deux gagne. On avait vraiment besoin l’un de l’autre. C’était indispensable et en plus bien plus plaisant de gagner ensemble que de gagner seul.

Par
Kahina Boudjidj