Koh-Lanta – Jean-Charles : « Le choix d’Ambre a relancé mon aventure »

Publié le 22 juin 2022 à 11:13
A.ISSOCK/ALP/TF1
Malgré sa deuxième place sur les poteaux, Jean-Charles n'a pas été retenu pour être finaliste de Koh-Lanta. Apprécié pour sa personnalité attachante, le fustier revient sur son parcours...

Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à Koh-Lanta ?

Jean-Charles : L’aspect social, sociologique même. Je voulais voir un groupe d’humains en situation de survie, les interactions qui se développent… Je trouve cela hyper intéressant.

Quels aspects du jeu avez-vous trouvé particulièrement difficiles ?

Les conditions de vie. Je m’attendais à ne pas manger. Je suis assez habitué parce que je fais des jeûnes de temps en temps. Mais je ne m’attendais pas à autant de difficultés cumulées. On ne dort pas, c’est très inconfortable, avec des insectes qui passent toute la nuit sur nous. Être mouillé 24 heures sur 24, c’est horrible à vivre. Il y a en plus les épreuves et aussi devoir supporter les autres (rires) !

Qu’avez-vous pensé du concept du Totem maudit ?

J’ai adoré. C’était horrible à vivre, mais c’était tout l’intérêt. On s’attendait à avoir des épreuves d’immunité où l’on est en danger. Mais avec le Totem maudit, même les épreuves de confort étaient cruciales, alors que le confort, je m’en fichais ! On n’était jamais au repos psychologiquement.

D’un côté, c’est l’une des malédictions du Totem maudit qui relance totalement votre aventure, lorsque vous partez en épreuve éliminatoire… 

On peut dire ça comme ça (rires). Pour une fois, je n’avais pas terminé dernier, donc je pensais être tranquille. C’est surtout le choix d’Ambre de m’envoyer à l’épreuve éliminatoire. Ça a relancé mon aventure.

On perçoit un réel basculement dans votre état d’esprit lors de votre retour de l’épreuve…

Je me laissais porter jusqu’à présent, parce que c’était ma façon de fonctionner. Tant que ça marchait, je n’avais aucune raison de changer de méthode. Je ne pensais pas que ça allait durer aussi longtemps. Quand je pars sur cette épreuve, je me dis "ah oui, c’est fini. Il va falloir être dans l’action et apporter ta pierre à l’édifice sinon, c’est fini pour toi".

Après avoir vécu une aventure compliquée dans les épreuves, vous gagnez l’orientation en 36 minutes. Vous vous attendiez à réaliser une telle performance ?

Je vais souvent aux champignons. Être en forêt, m’orienter, chercher, ça me parle. L’œil s’habitue aussi. Sur toutes les épreuves, je me disais que j’avais mes chances, sauf le parcours du combattant (rires). Comme cela ne fonctionnait pas, je suis parti à l’orientation en me disant que j’avais autant de chance de me rétamer que les autres.

Vous réalisez également une grande performance sur les poteaux…

Pour le coup, c’est une surprise. Les épreuves d’équilibre n’ont jamais été mon fort. Pourtant, dans mon métier de fustier, on marche souvent sur des rondins. Donc, en théorie, je devrais être bon en équilibre. Mais dans Koh-Lanta, ça n’a jamais été le cas, sauf sur les poteaux ! Avant de partir, on se dit avec François que, si on tient 30 minutes, ce serait déjà un miracle. J’ai réussi sans savoir trop comment.

Vous n’êtes pas choisi pour être finaliste et vous acceptez la décision avec le sourire. Vous n’êtes pas déçu sur le coup ?

On ne peut pas arriver là et ne pas être déçu. Mais j’aime bien l’aspect de la justice et celui du mérite. Si je regarde mes camarades choisis, il n’y a pas de discussion. François et Bastien étaient au-dessus, il n’y a pas photo !

Vos proches ont-ils été surpris par votre parcours ?

Oui et non. J’ai certains proches qui ont justement pensé que j’allais m’en sortir sur le plan humain. À Koh-Lanta, il y a le sport, la stratégie, la survie, mais il y surtout un quatrième "s" qui prime, c’est le social. Si j’ai été aussi loin, c’est parce que les autres n’ont pas eu spécialement envie de m’éliminer grâce à ma personnalité.

Comment s’est déroulé votre retour à la vie normale ?

Physiquement, ce n’était pas évident, j’avais perdu 18 kilos. Après, j’ai la chance d’avoir un métier prenant. Le lendemain de mon retour, je travaillais. J’avais pris du retard donc quand je suis rentré, je m’y suis directement remis. Au bout d’une semaine, j’ai eu l’impression de ne jamais avoir fait Koh-Lanta, si ce n’est que j’étais plus maigre. Je m’attendais à pire. Je sais qu’il y en a qui ont souffert, qui ont continué à avoir des problèmes gastriques. C’est compliqué de passer de rien à tout. Moi, je suis une grosse bouffe par essence. J’ai habitué mon estomac à faire des grands écarts depuis tout jeune, à avoir une alimentation particulière. Quand je suis rentré, j’ai mangé une raclette et c’était reparti !

Benoît Lesueur

Par