Julie (Koh-Lanta) : « Je dis chapeau à Tania ! »

Publié le 6 juin 2023 à 21:40
©A.ISSOCK/ALP/TF1
Coiffée au poteau par Tania, puis par Fred lors de la course d’orientation, Julie est évincée de Koh-Lanta aux portes de la grande finale. La footballeuse professionnelle revient sur son aventure…

Vous êtes footballeuse internationale, comment votre club a-t-il réagi en apprenant votre participation à Koh-Lanta ?

Julie : Lorsqu’on est sélectionné, on signe une clause de confidentialité, mais j’ai pu prévenir en amont le Président de mon club, le FC Fleury. Il me restait un an de contrat et il a plutôt bien accueilli la nouvelle, parce que Koh-Lanta pouvait potentiellement donner une belle image du football féminin, et de la visibilité au club. En revanche pour mon coach, c’était un peu plus difficile à digérer, car il est tenu par des objectifs de Ligue des Champions et perdre un élément, c’est toujours un peu désolant, surtout qu’on ne sait pas ce qu’on retrouve après. Mais ça s’est bien passé, mon départ n’a pas impacté les résultats de l’équipe, ce qui m’a rassurée.

Vous avez annoncé la fin de votre carrière de footballeuse professionnelle il y a quelques jours. L’aviez-vous envisagé avant votre départ aux Philippines ?

Non, mais Koh-Lanta a un peu précipité ma décision. La réathlétisation a été difficile à mon retour. J’avais les jambes qui flageolaient à chaque pas, mes tests musculaires étaient catastrophiques et j’avais perdu beaucoup de ma force explosive. Koh-Lanta reste une aventure traumatisante physiquement qui n’est pas compatible avec le métier de footballeuse de haut niveau. J’ai 35 ans et j’ai d’autres projets, c’était le bon moment pour arrêter.

Vous étiez plutôt discrète en début d’aventure, était-ce une stratégie assumée de votre part ?

Tout à fait ! J’y avais réfléchi avant de partir. Pour avoir suivi les saisons précédentes, je pense qu’en début d’aventure, il ne faut être ni premier, ni dernier et ne pas trop se dévoiler. Je n’aurais pas du tout voulu être à la place d’une Héléna par exemple et être élue chef d’équipe – même si c’est une satisfaction personnelle. Ma quatrième place lors du parcours du combattant m’allait très bien. Je n’ai pas fait exprès d’être en dessous de mes capacités mais avec le recul, ce n’était pas plus mal.   

Lors de votre contre-performance à l’épreuve des grappins vous avez été très dure envers-vous-même. En tant que sportive de haut niveau, est-ce plus compliqué d’encaisser un échec ?

Oui. Je me suis surprise à être en difficulté. Je n’aurais jamais cru être aussi mauvaise sur une épreuve accessible à tout le monde. Je me suis sentie vraiment honteuse, j’en ai même pleuré. 

Comment avez-vous réagi en découvrant l’alliance masculine ?

Bien. J’avais tissé des liens forts avec Nicolas, qui m’a confié dès la réunification son alliance prioritaire avec Gilles, Fred et Quentin. J’ai un peu navigué dessus en me disant qu’il me protégerait tant qu’il le peut. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé !

De nombreuses trahisons ponctuent cette saison de Koh-Lanta. Pensiez-vous être stratège avant votre départ aux Philippines ?

Pas du tout ! Ce que je craignais le plus, c’était de trahir mes valeurs. C’est vrai que lorsqu’on se retrouve au pied du mur, on élabore des stratégies incroyables (rires), mais je ne crois pas avoir donné l’image d’une personne sans scrupules. Je pense avoir toujours pu justifier mes votes du mieux possible. Mon seul regret est d’avoir voté contre Tania, lors du conseil-surprise. J’avais très mal analysé la situation. 

Vous êtes à l’initiative d’un des plus beaux twists de la saison lors du dernier conseil. Tania a-t-elle hésité à vous prêter son collier d’immunité pour duper les garçons ?

Au départ je ne l’ai pas senti très confiante, elle m’a même demandé si j’allais vraiment le lui rendre (rires) ! Ça m’a fait sourire, qu’elle puisse imaginer que j’aurais pu lui voler son collier !

C’était jouissif d’avoir coupé l’herbe sous le pied des garçons qui se voyaient déjà en finale ensemble ?

(Rires) Je ne vais pas vous dire le contraire, mais sur le moment j’ai eu le triomphe modeste, parce qu’on brise le rêve de quelqu’un… mais quelle satisfaction personnelle pour Tania et moi ! Je pense que cette alliance masculine a aussi agacé certains téléspectateurs, donc c’était bien d’avoir une finale où la parité est respectée.

Regrettez-vous que les aventurières n’aient pas pris plus tôt leur destin en main à l’instar des garçons ?

Oui clairement. J’en ai beaucoup discuté avec Laura notamment. En découvrant l’émission, on s’est senties un peu bêtes. Après notre gros coup en éliminant Gilles, on aurait dû poursuivre l’alliance féminine. Mais on s’est retrouvées contraintes à voter les unes contre les autres, à cause des « destins liés » ce qui a engendré des petites animosités inutiles.

Comment avez-vous appréhendé la course d’orientation ?  

J’avais quelques notions théoriques sur l’utilisation d’une boussole, mais en pratique… (rires). Je misais aussi sur le facteur chance, à l’instar d’Inès (L’île des héros ndlr.) qui avait déniché un poignard par hasard sans avoir trouver la balise avant. 

Contrairement à l’épreuve du grappin, vous avez pris avec philosophie votre défaite à l’orientation…

Oui, le grappin, c’était une erreur technique que j’aurais pu ajuster, alors que je n’avais jamais fait d’orientation de ma vie ! Tania, Fred et Nicolas ont été meilleurs que moi, je ne pouvais que m’incliner. Je n’ai pas été bonne donc j’ai mérité cette quatrième place. C’était tout de même frustrant d’avoir réussi un coup d’état lors du précédent conseil et de ne pas avoir su transformer l’essai…

Que pensez-vous du parcours de Tania? Finalement n’a-t-elle pas été sous-estimée depuis le début ?

Je sais qu’elle a été sur la sellette tout au long de son aventure, et que ça n’a pas été simple pour elle. Mais quand on voit le résultat… j’avoue que j’aurais aimé être à sa place (rires). Elle a su garder une attitude solaire et positive malgré les médisances. Je lui dis tout simplement, tant mieux pour elle et chapeau !

Sarah Ibri

 

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