Comment vous êtes-vous préparé à cette aventure ?
Rudy : J’ai tout misé sur le mental. Quand on regarde les épreuves à la télévision depuis son canapé on se dit « ça va, c’est gérable », mais sur place j’ai vite compris que je ne m’étais pas assez préparé, surtout physiquement. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi dur. La survie était compliquée, même pour faire nos besoins, c’était soit dans la mer, soit un trou dans le sable. Ensuite pour s’essuyer, il fallait trouver des feuilles qui n’irritent pas les fesses (rires).
Quels aspects de l’aventure vous ont surpris ?
L’aspect humain a été plus compliqué à gérer que je ne le pensais. On pense pouvoir faire confiance à quelqu’un et finalement comme le disait souvent Estéban « suprise, suprise ! » …
Alexandre a dévoilé votre côté stratège lors d’un conseil, cela vous a-t-il porté préjudice ?
Pas du tout, il y a plusieurs façons d’être stratège. Contrairement à Alexandre, qui voulait éliminer des aventuriers en divisant les gens, je n’utilisais la stratégie que pour me sortir d’un mauvais pas. J’ai la chance d’être très sociable, les gens m’apprécient facilement, face à Alexandre, c’était un avantage.
La tribu rouge enchaîne les défaites au épreuves d’immunité. Qu’est-ce qui vous a manqué ?
Encore aujourd’hui, je ne saurais l’expliquer. Quand on n’est pas bon, on n’est pas bon ! Il y a certainement eu un manque de communication et de lucidité pendant les épreuves, on le voit lors de la construction du radeau. On m’avait reproché de me mettre trop en avant, donc j’ai préféré rester en retrait, même si j’étais sûr de moi.
Qu’avez-vous envie de répondre à vos coéquipiers qui vous reproche votre excès de confiance ?
Je suis un boxeur, quand on rentre sur un ring et qu’on s’apprête à combattre, il faut être sûr de soi, sinon on perd. J’ai peut-être mal communiqué mon ambition et ma volonté de vouloir gagner et je peux comprendre l’agacement des autres aventuriers, j’ai eu tort.
Les jaunes auraient dû remporter la récompense du jeu de confort (du poulet rôti). Personne n’a pensé à partager la récompense avec eux ?
(Rudy explose de rires) La faim nous a rendu égoïstes. Honnêtement, on était tellement affamé, je pense qu’à ce moment-là personne n’a pensé au fair-play ! Mais c’est vrai qu’on a gagné seulement parce qu’ils ont été contraints à l’abandon après avoir cassé leur pirogue, sans ce coup de pouce du destin, la victoire leur était acquise.
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Comment avez-vous appréhendé le conseil ?
J’ai su trop tard que j’étais en danger pour avoir le temps de fignoler une stratégie. On m’a fait croire que tout le monde était d’accord pour éliminer Anne-Sophie, mais je ne le sentais pas, je me suis dit c’est trop ‘lisse’. Estéban m’a confirmé peu de temps avant le conseil que j’étais en danger. On avait un code secret entre nous. On devait exercer une légère pression sur l’épaule de l’autre pour se prévenir. Mais c’était trop tard.
En voulez-vous aux Rouges historiques de vous avoir évincé ?
J’ai été vraiment déçu de voir qu’Helena et Anne-Sophie se sont liées aux ex-jaunes. On était en supériorité numérique, comment en est-on arrivé à se diviser ? Je devais peut-être agacer, mais il fallait voir plus loin que ça. Je ne donne pas cher de leur peau à la réunification.
Que pensez-vous de l’abandon de Benjamin ?
Je suis un peu déçu de lui, surtout qu’on en est à la moitié de l’aventure, il avait déjà fait le plus dur. Je ne comprends pas car il était dans une équipe qui gagnait ! Il y a 40.000 personnes qui rêvent de faire Koh-Lanta chaque année, on est des privilégiés d’avoir eu la chance de participer à cette aventure…
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Trouvez-vous que le montage de l’émission reflète votre aventure ?
Oui. En revanche j’ai été très étonné de découvrir les stratégies d’Anne-Sophie et d’Helena, ça m’a énervé. J’ai serré les dents en découvrant comment s’est passée l’élimination de Tania par exemple. Jusqu’au bout elles veulent détruire les rouges !
Sarah Ibri