Alors qu’ils attendaient des jumeaux, Shanna Kress et Jonathan Matijas ont appris que l’un des foetus était atteint de trisomie 21. Ils avaient donc décidé de pratiquer une interruption médicalisée de grossesse et avaient également dévoilé le sexe et le prénom de ce bébé. “C’est difficile mais c’est notre choix. Il a donc fallu signer un document et il faudra garder les deux enfants jusqu’à l’accouchement”, avait expliqué Shanna. Jonathan, quant à lui, confiait à l’époque : "Je n’ai pas envie que son petit coeur s’arrête, du coup je profite encore un peu… Je lui parle dans ma tête (…) Moi, je me dis ils sont deux, mon ressenti, c’est que je vais perdre un enfant. Même s’il n’est pas sorti, ça fait mal”.
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"Tant pis, on n’aura pas des jumeaux"
Lors d’un entretien accordé à Sam Zirah et publié hier, lundi 26 juin, sur la chaîne du blogueur, le couple est revenu sur cette épreuve difficile. "J’ai fait abstraction… J’étais obligée parce qu’il y avait Loüka qui était là et qui n’avait rien demandé qui attendait qu’une chose, c’était de venir au monde. On est des gens aimants", débutait la maman. Et de poursuivre : "Je me suis dit ‘Je ne peux pas me laisser abattre’ sachant que même si je ne sais pas tout ce qu’il se passe, il y a un enfant qui va compter sur nous. Si je m’effondre, tout ce que je vais ressentir, il va le ressentir… Donc, c’est la vie qui a choisi, ce chromosome, il est venu se coller malheureusement et bien tant pis, on n’aura pas des jumeaux".
Emue, Shanna expliquait ensuite qu’elle avait donc dû donner naissance aux deux bébés. "À l’accouchement, je me disais ‘Je n’ai qu’un enfant’. Je suis obligée à un moment donné… Sinon tu vis dans la tristesse, dans la douleur, tu es tout le temps en train d’y repenser. Et le pauvre Loüka, qui n’a rien demandé, va arriver dans une famille dépressive”, ajoutait-elle. Puis, Jonathan de justifier le choix de ne pas voir le deuxième bébé décédé : “Cela ne veut pas dire qu’on l’a oublié ! Pas du tout ! Pour respect pour sa mémoire, pour notre choix, pour Loüka, on s’est dit ‘On veut que ce moment soit beau’”. "On ne veut pas faire un déni de ce qui s’est passé… Ça s’est passé, mais aujourd’hui on a un enfant qui compte sur nous, on ne peut pas se laisser emporter par ça. (…) C’est difficile, mais il faut avancer. Des fois, quand je vois Loüka, je me dis en vrai il y en aurait eu un autre, mais c’est comme ça”, terminait la jeune femme avec les larmes aux yeux.
Kahina Boudjidj