Samedi 5 juillet, Marine Mulcey et son caméraman ont été sommés de quitter les lieux par un sapeur-pompier exaspéré, interrompant brutalement le duplex de la chaîne d’information. La direction de BFMTV s’est défendue dimanche en affirmant n’avoir "enfreint aucune règle de sécurité".
Un direct mouvementé sous les Canadairs
L’après-midi du 5 juillet restera gravée dans les annales de BFMTV. Alors que plus de 30 000 hectares étaient déjà partis en fumée en Occitanie, la chaîne d’information avait dépêché Marine Mulcey et son caméraman sur le terrain pour couvrir ces incendies dévastateurs. Mobilisant 200 pompiers, 60 véhicules et 3 Canadairs, les secours luttaient contre des flammes attisées par des “vents tourbillonnants”, rendant “la lutte contre le feu difficile” selon les pompiers de la région.
C’est à 18h47 précises que François Gapihan, présentateur de "News Box", a donné l’antenne à son envoyée spéciale. Mais le duplex a pris une tournure inattendue dès les premières secondes. Visiblement déstabilisée et trempée, Marine Mulcey a expliqué : “Je suis désolée. Il y a un Canadair qui vient de passer pour tout vous dire donc on a pris l’eau. Effectivement, le feu est très intense ici vous le voyez”. L’objectif de la caméra était couvert de gouttes d’eau, témoignant du passage rapproché de l’avion bombardier d’eau.
Poursuivant son intervention malgré ces conditions difficiles, la journaliste évoquait “l’intensité du feu” et précisait que “100 hectares sont partis en fumée” quand la situation a basculé. Un véhicule de pompiers est arrivé en trombe, et un sapeur-pompier visiblement agacé a interpellé l’équipe : “Qu’est-ce que vous faites là ? Qui c’est qui vous a laissé entrer ?” Avant d’ordonner sans ménagement : “Allez au rond-point là-bas ! De suite !”
Une interruption brutale qui fait polémique
Face à cette intervention musclée, François Gapihan a immédiatement repris la main depuis le plateau, coupant court au duplex : “On va retrouver notre reporter un petit peu plus tard lorsque la situation sera réglée”. La scène, diffusée en direct, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, divisant les internautes entre ceux qui saluent la fermeté du pompier et ceux qui pointent les risques pris par l’équipe de télévision.
Le préfet de l’Hérault avait pourtant rappelé en début de soirée les consignes essentielles : “Ne gênez pas l’intervention des secours, respectez les consignes des forces de l’ordre, ne vous arrêtez pas sur le bord de la route pour prendre des photos.”
BFMTV se défend et dénonce le "harcèlement"
Confrontée à une vague de critiques, la direction de BFMTV a publié dimanche un communiqué de presse pour défendre ses équipes. La chaîne affirme “qu’à aucun moment, son équipe de journalistes n’a enfreint les règles de sécurité”. Selon la direction, “nos deux reporters sont restés à proximité du SDIS 34 derrière une barrière présente sur les lieux, à 10 kilomètres de Fabrègues. Ils travaillaient au vu et au su de tous, comme d’autres confrères, sans jamais avoir été inquiétés avant l’incident et sans jamais non plus avoir reçu la moindre consigne de quitter les lieux”.
À la suite de la mise en cause du travail de @BFMTV dans la couverture de l’incendie survenu dans l’Hérault hier, la chaine tient à affirmer fermement qu’à aucun moment son équipe de journalistes n’a enfreint les règles de sécurité.
— BFMTV INSIDE (@BFMTV_Inside) July 6, 2025
Le communiqué poursuit en rappelant que “la sécurité de ses journalistes est une priorité absolue sur le terrain et qu’ils travaillent en étroite collaboration avec les pompiers en pareille situation”. La direction va plus loin en dénonçant “le harcèlement dont fait l’objet son équipe sur les réseaux sociaux” et apporte “tout son soutien” à Marine Mulcey et son caméraman.