Le ton monte sur le plateau de Estelle Midi. Ce mardi 13 décembre, les chroniqueurs présents dans l’émission de RMC ont évoqué le climat qui entoure le match entre la France et le Maroc, prévu mercredi à 20 heures dans le cadre des demi-finales de la Coupe du monde au Qatar. Par crainte de débordements, certaines villes ont déjà pris de grosses mesures avant ce rendez-vous. À Nantes, il n’y aura pas de bus ni de tramway dans le centre-ville après un appel de la CFDT, qui s’inquiétait de la sécurité pour ses agents et les usagers. À Paris, plus de 2000 gendarmes et policiers seront présents pour assurer le maintien de l’ordre. La maire LR du 8e arrondissement de Paris, Jeanne d’Hauteserre, a même été jusqu’à réclamer la fermeture des Champs-Élysées, qui ne devrait toutefois pas avoir lieu, puisque cela est du ressort de la préfecture.
Alors que les supporters marocains sont pointés du doigt, notamment par certains politiques, Pierre Rondeau a tenu à rappeler que les débordements étaient récurrents en France en marge de certains matchs de football, notamment de la part des supporters français : "En 2018, avec l’équipe de France victorieuse, il y a eu des émeutes, des débordements, des incidents, des arrestations… Il y en a eu !" "Excuse-moi, mais les incidents étaient commis par qui ?", coupe Daniel Riolo. Une remarque qui stupéfait Pierre Rondeau "Par des supporters français, qu’est-ce que tu me racontes là ? Vas-y, va au bout de ton raisonnement !" "Quand dans les manifs, c’est les black bloc, dans ce genre de manifestation publique, qui commet les infractions ?", réplique le journaliste sportif.
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Interloqué, Pierre Rondeau insiste : "Va au bout de ton raisonnement, qui ?" Daniel Riolo a alors explicité le fond de sa pensée : "Ce sont toujours les mêmes bandes de délinquants, qui viennent des banlieues et des quartiers", lance le compagnon de Géraldine Maillet, avant de s’agacer : "Ce n’est pas la vérité ? J’espère que là tu ne plaisantes pas quand même ! Tu sais qu’il faut oser dire des choses dans la vie. Il ne faut pas avoir peur de dire ça. Demandez aux forces de l’ordre, ils vont vous répondre ! Tu veux qu’on appelle la police, vous voulez des numéros de téléphone, on appelle, pour qu’ils nous donnent la réponse, qui sont les fauteurs de trouble ? Vous blaguez j’espère quand même ! On le sait très bien qui c’est."
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De son côté, Pierre Rondeau a partagé sa réflexion sur ce qui selon lui peut être l’élément déclencheur de certains débordements : "Ces jeunes des banlieues et des cités, d’un postulat sociologique, en viennent à créer ce genre d’incidents et de débordements parce que dans leur propre inconscient, ils ont le sentiment d’une injustice, d’une inégalité de fait. Ils sont parqués en banlieue, vivant dans une très grande précarité.
Présent également sur le plateau, le journaliste Benjamin Muller a lui déploré l’instrumentalisation des politiques sur le sujet. Samedi dernier, les forces de l’ordre ont interpellé une centaine d’individus en marge de la victoire du Maroc contre le Portugal : "Si tu compares avec les manifs un peu costaud qu’il y a pu avoir dans Paris, je ne te parle même pas des gilets jaunes… tu es toujours à ce nombre d’interpellations !", a estimé le journaliste que l’on peut retrouver dans La Maison des Maternelles sur France 5. Un argument loin d’avoir convaincu Daniel Riolo, qui a vivement tancé Pierre Rondeau et Benjamin Muller : "Ce que vous dites est très grave. Vous tombez dans le piège. Comme vous avez peur de l’instrumentalisation politique, vous abandonnez le problème sécuritaire, vous abandonnez le problème à l’extrême-droite et indirectement vous faites monter le racisme. Vous faites monter les conneries qu’on entend dans la bouche d’Éric Zemmour et dans la bouche d’autres leaders politiques. Vous les avantagez avec votre réflexion. Il ne faut pas avoir peur de dire les choses. Vous ne voulez pas reconnaître qu’il y a un problème sécuritaire."
N.O