“Put*** ils tirent, ils sont cons ou quoi ?” : la gendarmerie vise sur le mauvais cortège à Sainte-Soline devant les caméras de France 2 (VIDEO)

Publié le 7 avril 2023 à 13:49
Mensonges de Gérald Darmanin, pratiques illégales... La gendarmerie a fait face à des manifestants très violents à Sainte-Soline, mais elle est allée trop loin avec les manifestants pacifistes comme l'a montré "Complément d'enquête" ce jeudi 6 avril 2023.

Si la violence de certains manifestants ne fait aucun doute, la violence de la police n’est plus à prouver non plus. Depuis le 25 mars dernier, les pratiques illégales de la police se multiplient dans le cadre des manifestations contre la réforme des retraites. Après l’attaque d’un homme sans-abri qui a choqué des millions d’internautes, ce sont désormais les téléspectateurs de France 2 qui ont pu constater des dérives de la part de la gendarmerie, en regardant Complément d’enquête ce jeudi 6 avril 2023. Pour ce nouveau numéro, le magazine s’intéressait au maintien de l’ordre et parfois ses dérives. Les journalistes ont ainsi rencontré les manifestantes insultées et victimes d’agressions sexuelles par une policière lors d’une fouille au corps à Nantes au mois de mars, ainsi que Valentin, jeune manifestant pacifiste de 19 ans qui a raconté avoir été victime d’un motard de la BRAV-M qui a volontairement roulé sur sa jambe gauche alors qu’il était déjà immobilisé et visé par des coups de pieds des policiers. La scène a été filmée le 21 mars dernier. Depuis, il se déplace en béquilles. Il n’avait commis aucune infraction et va porter plainte et l’IGPN a été saisie.

"Les manifestations s’enchaînent et la violence explose. Pendant des décennies, le "maintien de l’ordre à la française" était considéré un modèle. Aujourd’hui il est pointé du doigt jusqu’à l’ONU, qui fustige un usage disproportionné de la force", rappelle l’émission présentée par Tristan Waleckx. Lors du rassemblement à Sainte-Soline contre les méga-bassines le 25 mars dernier, plus de 3000 gendarmes sont intervenus. 47 d’entre eux ont été blessés dont un gravement, et 200 blessés ont été comptabilisés du côté des manifestants (qui étaient au moins deux fois plus nombreux que les gendarmes, ndlr), dont deux dans le coma… Depuis, Le Monde a constaté grâce à des images de drone diffusées dans le reportage de France 2, que Serge Duteuil-Graziani, l’un des manifestants dans le coma, qui est fiché S, a été victime d’un lancé de grenade lacrymogène GM2L non réglementaire de la part de la gendarmerie qui lui a causé un grave traumatisme crânien. Son pronostic vital est engagé, les secours ont été retenues pendant trois heures avant que les autorités n’autorisent leur venue. Les familles des victimes ont porté plainte, et des enquêtes sont en cours.

"On vous propose ce soir une immersion inédite au coeur de la manifestation de Sainte-Soline. Notre caméra était la seule autorisée au plus près des 3200 gendarmes et de leur commandant. Un colonel parfois débordé par ses propres troupes", a annoncé Tritan Waleckx avant de diffuser le reportage dans Complément d’enquête. Comme l’a constaté une ONG sur place, devant les caméras de France 2, deux armes de guerre ont été utilisées par la gendarmerie pour attaquer les manifestants. Gérald Darmanin, lors d’une conférence de presse, a donc ensuite relayé une fausse information. "Non, aucune arme de guerre n’a été utilisée par les forces de l’ordre à Sainte-Soline", a affirmé le ministre de l’Intérieur. Pourtant, les gendarmes en ont tiré plus de 5000 à Saint-Soline. "Presque autant que de manifestants", note Complément d’enquête.

"Tout ce qui est hors-la-loi, on ne le fait pas et ça n’arrivera jamais. En tout cas, pas sous mes ordres", assure le colonel avant de confronter les manifestants à Sainte-Soline. Mais moins d’une heure plus tard, alors qu’il avait ordonné à son unité se déplaçant en quads d’effectuer des tirs de dispersion envers le cortège bleu des manifestants, ceux-ci sont allés au mauvais endroit et ont tiré sur le cortège rose, un groupe de manifestants pacifiste et familial. "Ils tirent pas ! Dis-leur tout de suite qu’ils ne tirent pas sur le rose ! Eh putain, mais ils tirent ! Ils sont cons ou quoi ?", s’est-il exclamé. Trop tard, le cortège est plongé dans un nuage de fumée à 12h48. "Ce n’était pas le bon cortège", demande le journaliste au colonel. "Non", répond ce dernier, aussi gêné qu’agacé. Il avait pourtant expliqué clairement la situation à ses unités. Plus tard, des images impressionnantes montrent les actes des groupes de manifestants plus petits (plusieurs dizaines de personnes) mais beaucoup plus violents et munis par des boucliers. Les forces de l’ordre sont visées par une pluie de parpaings, cocktails molotov et mêmes des chandelles romaines, des pétards similaires à des fusées d’alarme utilisées dans les bateaux, qui sont interdites à la vente en France. Certains sont armés de chalumeaux, et un fourgon policier est incendié.

Hugo Mallais

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