À bientôt 73 ans, le photographe français Patrick Chauvel couvre actuellement la guerre en Ukraine, comme il l’a fait auparavant pour plus d’une trentaine de conflits armés, du Vietnam à la Tchétchénie, en passant par la Syrie et l’Afghanistan.
En mission pour le magazine Paris Match, il a été interviewé il y a quelques jours par France Info. Il a affirmé qu’en Ukraine, les conditions sont difficiles et que les Russes ne “font pas dans la finesse”. Mais ce qui le choque le plus dans ce conflit, c’est sa similitude avec les événements de 1945. Il explique : “Ici, on se rapproche d’un conflit comme la Seconde Guerre mondiale et ça fait peur. C’est l’histoire qui bégaye”.
Invité ce soir sur le plateau de Quotidien sur TMC, le photographe a été invité par Yann Barthès a présenter LA photo qui résume cette guerre qui se déroule à quelques heures de notre pays. Le photojournaliste a choisi une image montrant une mère qui enlace son fils ensanglanté.
Il raconte l’histoire de ce cliché : “Cet homme vient de perdre sa femme. Et là c’est sa mère. Quand je suis arrivé sur les lieux (des maisons chics ont été bombardées par l’armée de Vladimir Poutine, ndlr), j’entendais des pleurs, des cris et des lamentations dans un truc totalement détruit. Je ne la voyais pas. C’était assez impressionnant, il y a ces ruines et on entend ces pleurs, j’avais l’impression que ça sortait du sol”.
Il poursuit son récit : “D’un seul coup j’ai vu arriver ce type avec le visage criblé d’éclats, qui était muet, et d’un seul coup le cri est apparu, c’était sa mère. Ils se sont embrassés, il arrivait pas à parler. Il y avait quelque chose de très fort”.
« J’ai vu arriver ce type muet avec le visage couvert d’éclats et que la mère essayait de consoler. Cette photo résume la situation, il n’y a rien besoin d’autre »
Le grand photo reporter Patrick Chauvel, qui couvre la guerre en Ukraine, est sur le plateau de #Quotidien pic.twitter.com/5nXj2gctbl
— Quotidien (@Qofficiel) March 14, 2022
Il ajoute, à propos de son métier : “On a pas besoin de faire cinquante mille photos. Une ça suffit. Ça devient un symbole. Ce qu’on essaye de faire en tant que photographe, c’est d’avoir la photo qui résume la situation et ça suffit”.
Il conclut : “Peu de mots, peu d’images, c’est bon. Parce qu’après c’est trop…”
Patrick Chauvel n’a de cesse depuis toutes ces années d’alerter nos consciences pour nous rappeler que la guerre peut arriver à nos portes. En exerçant son métier, il a été blessé sept fois, par balle en caoutchouc, balle de M16, obus de mortier, obus d’artillerie lourde !
Et pour que l’Histoire ne s’oublie pas, il a fait don, en 2019, de ses archives – 380 000 photos et 1 000 heures de documentaires – au mémorial de Caen où une salle sera dédiée à son travail.