« On va arrêter là » : Agacé, Éric Dupond-Moretti perd patience en pleine interview après des questions sur sa mise en examen (VIDÉO)

Publié le 6 octobre 2023 à 14:16
Interrogé sur ses affaires judiciaires à l'occasion de sa venue sur le plateau de France Info ce vendredi 6 octobre, Éric Dupond-Moretti a fini par perdre ses nerfs face aux questions posées par les journalites Agathe Lambret et Benjamin Fontaine.

L’ambiance était quelque peu tendue sur le plateau de France Info ce vendredi 6 octobre. Pour son interview politique matinale, la chaîne d’information en continu recevait ce jour le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. Venu pour parler de la réforme de la justice, le ministre a également été interrogé sur ses affaires judiciaires en marge de cet entretien. Le 6 novembre prochain, Éric Dupond-Moretti fera en effet face à la Cour de justice de la République, puisque l’homme politique de 62 ans est mis en examen pour "prise illégale d’intérêts", en raison de soupçons pour avoir usé de ses fonctions dans le but de lancer des enquêtes administratives contre des magistrats avec lesquels il avait un passif.

Ainsi, Agathe Lambret, journaliste politique de France Info, a demandé à Éric Dupond-Moretti comment il comptait s’y prendre pour concilier son emploi du temps de ministre avec son futur procès : "Est-ce qu’on peut être ministre de la Justice et en même temps comparaître à un procès ? Comment vous ferez, par exemple, lorsque les audiences seront en plein Conseil des ministres ou pendant des séances de Questions au gouvernement ? Est-ce que vous vous déporterez sur certains dossiers ? Est-ce que vous vous ferez remplacer à certains moments ?"

"Nous verrons et vous verrez", a rétorqué dans un premier temps Éric Dupond-Moretti, avant d’ajouter : "Je veux travailler jusqu’à la dernière minute. Je travaillerai encore ensuite évidemment parce qu’il y a des choses que vous ne pouvez pas laisser tomber. Mon but, c’est que le ministère de la Justice puisse continuer à tourner. C’est clair, c’est net et c’est précis !" Par la suite, Agathe Lambret a insisté, en demandant s’il était possible que le ministre de la Justice soit ponctuellement remplacé pendant son procès. C’est alors qu’Éric Dupond-Moretti a commencé à perdre patience : "Vous allez me poser 50 fois la question ?" "Est-ce que, si vous êtes condamné, Éric Dupond-Moretti, vous démissionnerez ?", a poursuivi l’ex-journaliste de BFMTV, en référence à la promesse de campagne d’Emmanuel Macron datant de 2017, où ce dernier avait assuré que ses ministres devaient démissionner dans le cas où ils seraient mis en examen.

Agacé, Éric Dupond-Moretti a ensuite fait part de son souhait de ne plus parler de ses affaires judiciaires : "Mais madame, c’est extraordinaire comme vous voulez aller plus vite que la musique. Vous me permettrez de dire un certain nombre de choses, de m’exprimer, de me défendre. Voilà, on va arrêter là et ensuite vous verrez. Ce procès ne doit pas prendre toute la place." Malgré tout, Benjamin Fontaine, autre journaliste de France Info présent en plateau, a tenté de surenchérir : "Vous comprenez que c’est assez inédit qu’un ministre de la Justice soit…" La goutte d’eau pour le garde des Sceaux, qui a coupé court à ce sujet de discussion : "Monsieur, passons à autre chose si vous le voulez bien. Je pense avoir été clair. Je pense vous avoir répondu."

Par
Benoît Lesueur