Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Invité sur le plateau de Télématin ce mercredi 18 janvier sur France 2, Fabrice Midal est venu présenter son trentième livre : Tout ce qui nous empêche d’être heureux et ce qu’il faut savoir pour l’être, aux éditions Flammarion. Pour écrire son ouvrage, le philosophe assure auprès de Julia Vignali être revenu "à une idée complètement différente du bonheur" : "Il y a tellement d’idées reçues sur le bonheur. On a l’impression qu’être heureux, ce serait être dans un état absolument parfait, merveilleux. On serait tout bronzé au bord de la piscine sans aucun problème, avec les enfants sages… Mais comme on ne correspond pas à ces idées, on se demande si on est heureux."
Ainsi, Fabrice Midal a défini selon lui la notion du bonheur : "Le bonheur, c’est être en adéquation avec soi-même. C’est sentir que ce qu’on fait, ça a du sens. Sentir que l’on peut s’accomplir, qu’on donne droit au fait d’être aimé et d’aimer. Des choses qui sont beaucoup plus à la portée de chacun d’entre nous, et pas cet idéal de quelque chose de parfait." Le philosophe explique que le bonheur est envisageable même dans la difficulté : "On peut être heureux même quand les choses ne sont pas faciles, parce qu’on essaye de faire face", estime-t-il, avant de prendre en exemple une expérience personnelle : "J’avais un ami qui a eu une crise, j’ai dû l’emmener à l’hôpital. Heureusement, tout s’est bien passé. Le soir, j’avais l’impression d’avoir fait mon devoir et je me sentais heureux. Non pas que j’étais content, car le moment était dur, mais j’avais l’impression de faire quelque chose qui avait du sens. (…) Les accidents et les aléas font partie de ce qui rend heureux."
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Alors que Julia Vignali questionne Fabrice Midal sur le fait de trouver le bonheur au milieu d’une actualité peu joyeuse, celui qui a fondé l’École occidentale de méditation rétorque : "Est-ce qu’il vaut mieux être dans le ressassement infini de se plaindre que tout est horrible ? Non, ça ne marche pas du tout. On peut être heureux et en colère. Si on est en colère, on peut être heureux si la colère ne devient pas un ressassement qui nous ronge de l’intérieur." Le philosophe a employé une métaphore simple pour expliquer sa pensée : "Quand vous jouez au tennis, vous n’êtes pas heureux uniquement au moment où vous avez gagné. Sinon, deux minutes plus tard vous êtes malheureux parce que vous allez devoir rejouer votre titre. C’est tout le mouvement qui rend heureux : quand vous mettez vos baskets, quand vous jouez, même quand vous perdez."
Fabrice Midal a poursuivi en argumentant sur le concept du bonheur individuel : "Il faut arrêter d’attendre le prince charmant ou la princesse charmante et de dénigrer notre expérience ordinaire. Il faut voir par où on peut donner un peu de magie dans ce que l’on vit. (…) Les objectifs, c’est bien. Mais lorsque l’on est obsédé par l’objectif, il n’y a plus le sens du chemin. Tout le travail que vous faites ne procure plus de plaisir. Donc au fond, vous n’êtes plus vraiment heureux." Dans son livre, le philosophe s’attarde également sur ce qu’il appelle "les marchands de bonheur", qui peuvent notamment émaner des réseaux sociaux : "Certains usages des réseaux sociaux peuvent donner le sentiment que ma vie est nulle et qu’il faudrait que je sois complètement autrement. Plus on fait croire que, quand je serai la meilleure version de moi-même, qui correspondrait à quelqu’un, je serai heureux, moins j’aurai de chance de l’être, puisqu’au fond, je me coupe de ce que je suis."
N.O