C’est un témoignage fort qu’a partagé Dominique Farrugia. Ce mercredi 26 avril, celui qui faisait partie du groupe culte d’humoristes des Nuls était présent sur le plateau de C à vous alors que se tenait le même jour la 6e Conférence nationale du handicap à l’Elysée. Ainsi, Emmanuel Macron a annoncé que l’Etat allouerait une somme de 1,5 milliard d’euros pour améliorer l’accessibilité des lieux publics aux personnes en situation de handicap en France. Le président de la République a également déclaré que le remboursement des fauteuils roulants allait être intégral à partir de 2024.
Des mesures qui concernent directement 14,1% de la population française, puisque d’après les derniers chiffres publiés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 7,6 millions de personnes de plus 15 ans sont en situation de handicap dans le pays. Dominique Farrugia, lui, est atteint de sclérose en plaques et est contraint de se déplacer en fauteuil roulant depuis cinq ans. Face à Anne-Élisabeth Lemoine, l’homme aujourd’hui âgé de 60 ans a déploré les conditions dans lesquelles les personnes handicapées vivaient en France : "Moi, j’ai été pendant plus de 10 ans handicapé, mais ça ne se voyait pas. J’avais une sclérose en plaques et je n’en parlais pas. J’avais peur de perdre mon job. Plein de gens sont dans cet état-là ? Ils n’ont pas la capacité de faire plus de 30 mètres, plus de 40 mètres. Ils n’en parlent pas et ça ne se voit pas. Ils sont obligés de sortir leur carte d’handicapé pour passer là où les handicapés passent. C’est ça le problème, c’est qu’aujourd’hui, on n’a plus aucun respect. En France, rien n’est fait, rien du tout."
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Par la suite, Dominique Farrugia a déploré le manque d’action concrète de la part des pouvoirs publics : "Il n’y a pas de volonté de contraindre. Il n’y a pas de volonté politique de dire « ça suffit, on passe à autre chose ». (…) Il y a une sorte d’aveuglement bête. Nous sommes aujourd’hui face à un État qui veut faire des choses, mais qui ne le fait pas vraiment, parce qu’ils ne vont pas au bout des choses." Le réalisateur a alors pris pour exemple son propre cas pour démontrer le retard de la France sur de nombreux aspects : "Moi, ça me révulse. Ça m’est arrivé une fois. Je votais dans le 16e arrondissement. À la mairie l’ascenseur était en panne, je n’ai pas pu voter… Je n’ai pas pu voter, ça me rend fou ! Moi je fais partie des privilégiés, je gagne bien ma vie, j’ai un travail, c’est formidable. Je pense aux autres aussi et c’est terrible !"
Ainsi, Dominique Farrugia a demandé des actions concrètes de la part de l’État français, notamment sur la question de la discrimination positive au travail : "Tout le monde a le droit d’avoir un travail. On a enfin des gens qui sont en capacité de travailler dans un fauteuil roulant. Pourquoi n’auraient-ils pas accès au travail ? Souvent, c’est parce que le bureau est inaccessible !" À noter qu’à Paris, seule la Ligne 14 du métro est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite, ce qui représente uniquement 3% du réseau francilien. À titre de comparaison, Boris Johnson, maire de Londres entre 2008 et 2016, a rendu la capitale anglaise accessible, notamment en raison des Jeux olympiques 2012.
N.O