Invitée ce jeudi 27 octobre 2022 dans l’émission C à vous sur France 5, l’ex ministre de la santé, Agnès Buzyn, a continué de donner sa version de la gestion de l’épidémie de Covid-19, suite à son interview parue dans le Monde.
Celle qui a été mise en examen pour “mise en danger de la vie d’autrui”,pour sa gestion des premières semaines de la pandémie regrette de ne pas avoir été assez écoutée à l’époque, que ce soit par le Gouvernement autant que le conseil scientifique.
"J’ai dit, publiquement à plusieurs Conseils des ministres, que si ça s’étendait on pourrait avoir 100 000 morts. (…) Des ministres m’ont dit qu’ils pensaient que j’étais trop inquiète, comme tous les médecins", dévoile l’ex membre du gouvernement.
Agnès Buzyn, médecin de profession, affirme pourtant avoir été l’une des premières en Europe à avoir tiré la sonnette d’alarme. Elle explique : "Nous avons pris des décisions extrêmement rapides (…) La première commande de masques a été lancée le 25 janvier", alors qu’il n’y avait que "24 morts en Chine, assure l’ex ministre d’Edouard Philippe.
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Ignorée, elle a même été jugée par des experts, dont le professeur controversé Didier Raoult, qui ont affirmé dans la presse qu’elle “perdait ses nerfs”. Elle se justifie : “moi je suis capable de lire une courbe exponentielle et je sais que ce n’est pas quelque chose qui va rester calme”.
Seule contre tous, Agnès Buzyn explique que son interprétation des courbes de contagion n’a même pas été partagée par l’OMS. “Quand moi je commence à dire qu’il faut mobiliser les hôpitaux etc, l’OMS a refusé déjà à deux reprises de déclencher l’alerte”, explique-t-elle.
Elle ajoute : “je suis bien toute seule face à la communauté internationale, j’essaye de mobiliser mes collègues européens, je les appelle le 24 janvier au soir, j’appelle la commissaire européenne à la santé, j’appelle le directeur général de l’OMS, je n’arrive pas à avoir un conseil des ministres européens, il me faudra 3 semaines, parce que les collègues européens me disent, ce n’est rien, c’est une gripette” !
Dans l’interview publiée dans le Monde le 25 octobre dernier, Agnès Buzyn a partagé plusieurs pages de son journal, long de 600 pages. “Ce journal m’a sauvée de la dépression", confie-t-elle.
Mélissa Tellaa