À l’occasion de leur tournée, Indochine a souhaité créer un moment de recueillement partagé avec son public. Le groupe a annoncé sur Instagram qu’il diffuserait un diaporama de photos de personnes disparues, envoyées par leurs fans, pendant l’interprétation du titre Annabelle Lee, extrait de leur dernier album Babel Babel. Une manière pour le groupe de mêler l’intime au collectif à travers la musique.
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Nicola Sirkis explique sa démarche artistique
"Vous avez perdu quelqu’un de votre entourage (parent, ami…), vous souhaitez lui rendre hommage. Nous voudrions également avoir une pensée pour eux lors de la tournée", avait-on pu lire dans leur message adressé à leurs abonnés. Les photos, uniquement celles des défunts comme le précise le groupe, devaient être transmises à une adresse mail dédiée. Elles ont depuis été projetées lors des concerts pendant ce morceau à la fois sombre et poétique.
Ce choix s’inscrit dans la démarche artistique de Nicola Sirkis, leader du groupe, qui avait confié à Ouest-France : "On arrive tous, à nos âges, à être confrontés à la disparition de nos parents, et des gens autour de nous commencent à être vraiment malades. On se rend compte que cette vie n’est pas éternelle, alors que nous étions depuis longtemps, avec le rock, dans une sorte de bain, comme des adolescents éternels".
Le chanteur revient sur l’émotion ressentie
Inspirée du poème d’Edgar Allan Poe, Annabelle Lee explore la perte et la mémoire, des thématiques centrales de l’album Babel Babel, où se croisent influences électro, reggae et orchestrales. Cet opus marque aussi les retrouvailles du groupe avec l’ingénieur du son britannique Mark "Spike" Stent, réputé pour ses collaborations avec les plus grands comme Beyoncé, Madonna ou encore Coldplay. Invités ce vendredi 27 juin sur le plateau de Quotidien, les membres du groupe Indochine ont pris le temps de discuter avec Yann Barthès et Nicola Sirkis est justement revenu sur ce choix artistique.
"On a demandé sur nos réseaux sociaux à des fans d’envoyer les photos de leurs proches disparus. Parce que je trouvais que ça soit au César, aux Victoires de la Musique, c’est toujours les personnes très connues à qui on rend un hommage. Nous, ce public nous donne la chance de faire ce qu’on a envie de faire. Je trouvais que c’était normal de rendre aussi un hommage aux inconnus, aux gens qui n’ont pas la place médiatique. Tous les soirs, on a reçu à peu près 12 000 photos. C’est un moment très émouvant", a-t-il détaillé.
Et Nicola Sirkis de conclure : "Il y a des gens qui reconnaissent leurs proches. Et puis, à un moment donné, on demande, c’est un petit peu métaphysique, d’applaudir très fort pour ceux qui ont disparu (…)On a mélangé quelques personnalités qui nous ont suivis comme Badinter, comme Jean-Louis Murat, etc, qui sont au milieu de tout ça. Mais je trouvais que c’était un peu logique que la personne lambda soit aussi représentée comme ça. C’est un moment incroyable dans ce concert".