Invité de Frédéric Lopez dans Un dimanche à la campagne ce 9 novembre sur France 2, l’ancien ministre de la Justice s’est confié sur son parcours marqué par deux tragédies familiales qui ont marqué son enfance.
La perte d’un père à l’âge de quatre ans et demi
Lors de la traditionnelle séquence de la grange, Eric Dupond-Moretti a été confronté à une photographie en noir et blanc le montrant enfant, dans le jardin de ses grands-parents. Face à ce cliché émouvant, l’avocat a immédiatement évoqué le contexte douloureux de cette période : “C’est une photo qui a été prise dans le jardin de mes grands-parents. Parce que mon père est déjà mort à ce moment-là. Il est mort d’un cancer, il avait 25 ans, mon père. J’ai été aidé en permanence par mes grands-parents paternels.”
Questionné par Frédéric Lopez sur ce qu’il aurait voulu dire à cet enfant, l’ancien garde des Sceaux a livré une réflexion bouleversante : “Qu’un père mort c’est mieux qu’un père absent. J’ai vécu dans l’idée que mon père était un type formidable. Et je pense que c’était le cas. J’avais 4 ans et demi quand il est mort.”
Malgré son très jeune âge lors du décès, Eric Dupond-Moretti conserve de nombreux souvenirs précis de cette période tragique. “Avec mes grands-parents et ma mère, on est allés le voir à l’hôpital de Villejuif. Je me souviens de cette visite comme si c’était hier. Je me souviens aussi du jour de son décès. On m’a écarté et je suis allé me promener avec une voisine. Je me souviens de cette promenade”, a-t-il confié, visiblement très ému.
Né à Maubeuge et élevé dans un petit village de campagne, le futur ténor du barreau a grandi entouré de l’amour de sa mère, femme de ménage immigrée italienne, et de ses grands-parents paternels.
L’assassinat non élucidé de son grand-père maternel
Au-delà de la mort de son père, l’enfance d’Eric Dupond-Moretti a été marquée par un second drame familial qui a profondément influencé sa vocation. L’avocat a révélé qu’à l’arrivée de sa famille maternelle en France depuis l’Italie, une tragédie s’est produite : “Mon grand-père se fait assassiner. On découvre son corps le long d’une voie ferrée. Et tout le monde s’en est foutu de tout ça.”
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Cette injustice, doublée de l’absence totale d’enquête pour élucider ce meurtre, a profondément marqué le jeune Eric. “On l’évoquait dans les repas de famille. Moi, j’ai su très vite que mon grand-père avait été assassiné, mais que personne n’avait rien fait”, a-t-il déploré. Cette double injustice, la perte violente d’un être cher et l’indifférence des autorités, a été déterminante dans son orientation professionnelle. “Ca fait partie des choses qui m’ont conduit vers le métier d’avocat”, a reconnu celui qui est devenu l’un des avocats les plus célèbres de France.
De la pension à l’émancipation par le droit
Pour garantir à son fils de bons résultats scolaires malgré leurs conditions modestes, la mère d’Eric Dupond-Moretti a pris la décision difficile de l’envoyer en pension. Cette expérience s’est révélée être une prise de conscience déterminante pour le jeune homme. “Je vais découvrir très vite les différences sociales et je vais en faire un moteur. Quand je vais aller à l’université, je vais immédiatement travailler pour m’émanciper de cette condition que je trouve difficile”, a-t-il expliqué.
De l’orphelin élevé par ses grands-parents au ténor du barreau, puis ministre de la Justice sous les gouvernements Castex, Borne et Attal, Eric Dupond-Moretti a transformé les drames de son enfance en une force motrice.
Aujourd’hui, le compagnon d’Isabelle Boulay continue de surprendre en diversifiant ses activités. Depuis le 1er octobre, il se produit sur scène à Bordeaux avec son seul-en-scène “J’ai dit oui !”, et vient de publier “Juré, Craché”, écrit avec Marc-Olivier Fogiel.