Dans votre portrait, vous avez raconté être monté à Paris à l’âge de 18 ans pour faire de la musique…
Mickaël Kruz : J’ai démarché tous les piano-bars qui existaient à l’époque. Ensuite, j’ai commencé à faire des orchestres pour des cérémonies juives : mariages, bar-mitzvah… Ça marchait pas vraiment, donc je me suis trouvé des petits boulots à côté pour pouvoir manger. J’étais très timide et renfermé. C’était très difficile d’extérioriser l’artiste que j’étais à l’intérieur de moi à ce moment-là. J’ai voulu plein de fois abandonner, mais la musique m’a toujours rattrapé. Et puis un jour, j’ai eu un petit déclic.
Que s’est-il passé ?
Quand j’avais 32 ans, je suis rentré dans une agence monégasque qui m’a pris à l’essai un soir. Ils avaient un groupe de chanteur qui faisaient de l’événementiel de luxe à l’international. Tout de suite, ils m’ont signé en contrat d’exclusivité et ils m’ont laissé le temps d’apprendre le métier, de me connaître et de me découvrir artistiquement. Au bout d’un an, les mêmes clients qui ne me voulaient pas au début, ils me demandaient. Après, je suis devenu directeur artistique du groupe, ça m’a amené à Dubaï, au Moyen-Orient et un peu partout dans le monde.
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Mickaël Kruz : "Patricia Kaas, c’est toute mon enfance"
Aviez-vous déjà passé des castings pour The Voice par le passé ?
Il y a quelques années, j’avais fait une tentative de casting car on avait beaucoup insisté pour que je le fasse. Ça ne s’est pas bien passé, mais quoi qu’il en soit, je n’étais pas sûr de vouloir faire l’émission à ce moment-là. Je manquais de courage, j’étais pas prêt. Cette année, j’ai dit oui car psychologiquement, c’était le moment.
Pourquoi avoir choisi d’interpréter L’hymne à l’amour d’Édith Piaf ?
J’avais envie de chanter en français, et de déclarer mon amour à ceux qui le recevront. Pour moi, l’audition à l’aveugle était l’étape la plus importante. Pour mon estime de moi-même et à plein de niveaux. Avoir attendu toutes ces années pour qu’il n’y en ait aucun qui se retourne, ça m’aurait vraiment mis dans le mal. D’ailleurs, je n’ai pas eu la victoire triomphante. Je ne suis pas rentré le soir en étant super content.
À la toute dernière seconde, un coach s’est enfin retourné…
J’étais super content. En plus, c’était Patricia Kaas ! Patricia Kaas, c’est toute ma vie, toute mon enfance ! J’ai commencé à apprendre à chanter en écoutant une cassette d’elle dans mon walkman.
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"Je somatisais, j’avais peur de chanter faux"
Les coachs vous ont reproché d’en avoir trop fait, et vous sembliez d’accord avec eux !
C’est ce que j’ai ressenti aussi. Le plus beau compliment qu’on peut me faire, c’est que je suis un vrai interprète qui raconte des histoires. Et là, on m’a vraiment reproché le contraire ! (Rires) Donc ça m’a fait mal, mais c’est normal. J’étais trop concentré sur comment chanter, trop bien faire… J’ai voulu respecter l’oeuvre, mais je n’étais pas dans l’histoire. Mon intention était sincère, mais pas assumée.
Quelle en était la cause, selon vous ?
Je n’étais pas à l’aise avec les arrangements de la chanson que j’avais demandés, parce qu’il fallait l’écourter à deux minutes. Du coup, tout va un peu vite. Je somatisais avant de chanter certaines phrases, j’appréhendais un peu. J’avais peur de chanter faux, je n’étais pas dans le lâcher prise comme j’ai l’habitude de le faire quand je chante. C’est ça qui m’a manqué. J’ai essayé de tout donner avant la dernière seconde de la chanson.
Pour vous montrer comment faire, Patricia Kaas s’est levée et vous a rejoint pour vous coacher lors d’un duo mémorable…
C’était énorme. J’en ai encore des frissons. Et quelle générosité, quelle star ! Elle est arrivée devant moi en me regardant dans les yeux, en me disant les mots comme il fallait les dire et c’était magnifique. Mais très déstabilisant pour moi, parce que, partager une chanson avec elle, c’est compliqué ! Mais c’était un moment merveilleux. Je la remercie, c’est un vrai coup de pouce qu’elle m’a donné. Elle attendait des choses que j’ai pas réussi à délivrer et m’a quand même fait confiance. Ça la rend d’autant plus humaine. C’est comme une deuxième chance, ça me donne encore plus de niaque. Maintenant, il faut montrer aux trois autres coachs que, peut-être, ils sont passés à côté de moi.