Actuellement à l’affiche de "Secret(s) médical" au Théâtre Saint-Georges à Paris, l’animateur a évoqué les défis rencontrés lors de ses débuts sur les planches, liés à son TDAH diagnostiqué il y a huit ans.
Le théâtre, un défi de taille pour un cerveau hyperactif
Face à Anne-Élisabeth Lemoine, Michel Cymes s’est montré transparent sur ses difficultés au théâtre. "Sur scène, on est présent quoi. C’est l’épreuve ultime, le théâtre, pour un TDAH. Il a fallu que j’apprenne", a-t-il confié. "D’abord, je suis obligé de me concentrer et puis il a fallu que j’apprenne le texte, la concentration pendant une heure et demie. C’est vrai que mon cerveau bout tout le temps."
Il a révélé son fonctionnement mental pendant les représentations : "Il m’arrive pendant que je fais mes propres répliques, de me dire ‘Tiens, il y a machin dans la salle’ et après ‘mais ferme-la, remets-toi dans la pièce’ pendant que je parle. C’est comme s’il y avait deux types en moi, un qui fait la réplique et qui joue normalement et l’autre qui me dit ‘tiens, tout à l’heure, je vais aller dire bonjour à machin’. Et on va aller boire des coups."
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Ces déconcentrations lui ont joué des tours. "Les premières, quand vous êtes très stressé, ça va jusqu’à 30-35e à peu près, dès que j’avais un problème de concentration, je perdais ma réplique et là, ça faisait flipper", confessant : "Au début, j’allais me coucher pratiquement dans le théâtre en sortant."
Un diagnostic tardif qui a tout éclairé
À 60 ans, Michel Cymes a découvert son TDAH. "On m’a presque forcé à le diagnostiquer, parce que c’est un pote qui écrivait un bouquin qui m’a appelé, il m’a dit tu ne veux pas témoigner dans mon livre ? Je lui ai dit mais de quoi tu me parles ? Il a éclaté de rire parce que pour lui c’était évident que je le savais. J’étais le portrait-robot du TDAH adulte", a-t-il raconté. Cette révélation lui a permis de comprendre ses comportements durant ses années au Magazine de la santé.
Un trouble, pas un handicap
Lorsqu’Anne-Élisabeth Lemoine en juin dernier a évoqué le TDAH comme un handicap, Michel Cymes a rectifié : "Je pense qu’il faut retirer le mot handicap, ce n’est pas un handicap. Moi je suis TDA, je ne me sens pas en situation de handicap, c’est un développement différent, une façon différente de penser." Il a encouragé les adultes concernés à consulter : "Si un adulte se pose la question parce qu’on a diagnostiqué son gamin TDAH, il y a une partie génétique énorme, s’il se demande si ça vaut le coup d’aller faire des tests, la réponse est oui."