“Je ne suis pas née ministre” : Marlène Schiappa répond aux critiques sur sa participation aux Traîtres (VIDÉO)

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:35
Sous tension mercredi 3 septembre sur W9 dans Tout beau tout n9euf, Damien Canivez a dénoncé la présence de Marlène Schiappa dans Les Traîtres, l’accusant de "désacraliser la politique". Une remarque qui n'a pas plu à l’ex-ministre qui s'en est donné à coeur joie pour lui répondre. 

Ce mercredi 3 septembre, l’émission Tout beau tout n9uf sur W9 a été le théâtre d’un face-à-face tendu entre Damien Canivez et Marlène Schiappa. Le chroniqueur a jugé sa participation aux Traîtres comme "un véritable scandale", reprochant à l’ex-ministre de désacraliser la politique. L’ancienne secrétaire d’État lui a répondu sans détour. D’entrée de jeu, Damien Canivez n’a pas caché son malaise : "Ta participation à cette émission est un véritable scandale pour deux raisons. Déjà, parce que ta collaboration au gouvernement est trop récente. Je pense que ça peut créer de la confusion dans la tête des téléspectateurs qui te voient, parfois à juste titre, encore comme une ministre"

Damien Canivez tacle l’ex-ministre 

Il a poursuivi, estimant que l’image de la politique en sortait abîmée : "Et en plus de ça, tu désacralises la politique. Quand on te voit poser à côté de Christine Bravo, à côté de celle qui interprète la bande originale de Miraculous, eh bien, je trouve que tu désacralises la politique, tu laisses croire que la politique est un jeu, finalement, et tu fais du mal à la politique".

Pour lui, le signal envoyé aux citoyens est particulièrement grave : "Voir une femme qui occupait des fonctions gouvernementales, il y a encore seulement quelques semaines, qui trahit, qui ment, qui complote au nez, à la barbe de chacun. Ça, je trouve que c’est très grave, c’est un véritable scandale, surtout aujourd’hui quand on sait que moins de 3 Français sur 10 font encore confiance à la politique"

Et de préciser, malgré son attachement au programme : "Je dis ça avec d’autant plus de tranquillité, Cyril, que cette émission est l’un de mes rendez-vous préférés à la télévision. Je l’adore parce que je trouve que la production fait un vrai travail. Mais ma limite, ce sont les politiques, et je trouve en plus que tu te rabaisses à Raquel Garrido et en plus à Jean Lassalle qui ont par ailleurs participé à cette émission au cours des précédentes saisons"

Marlène Schiappa ironise et contre-attaque

Marlène Schiappa a immédiatement répondu, sur un ton sarcastique : "Cyril, est-ce que je peux sortir deux minutes, parce que du coup il faut que j’appelle la direction d’M6 pour leur demander d’arrêter d’urgence la diffusion du programme parce que Damien Canivez n’est pas content. Je pense qu’il faut prendre des mesures". Puis, plus sérieusement, elle a dénoncé un discours moralisateur : "D’abord, je vais te répondre sur la forme, et ensuite sur le fond. Sur la forme, excuse-moi de te le dire, mais les gens comme toi qui font ce type de discours, ça porte un nom, ça s’appelle des peine-à-jouir".

Et de reprendre : "C’est les gens qui ne sont jamais contents de rien, qui critiquent absolument tout. Ça fait deux ans et demi, Damien, que je suis partie du gouvernement, alors j’apprécie que tu aies le sentiment que c’est très récent, parce que j’y suis restée sept ans et que j’ai porté des lois majeures, notamment pour les droits des femmes. Donc merci de me créditer de cette action politique"

"Je ne suis pas née ministre"

Quand Damien Canivez lui a rétorqué : "Ton passé t’oblige, Marlène. Je pense que tu dois faire attention au projet que tu signes", l’ex-ministre a insisté sur sa liberté : "Damien, je comprends ce que tu dis, et je comprends qu’il y ait des gens que ça puisse interpeller. Moi, je ne suis pas née ministre. Je suis née dans ma cité à Belleville. Je n’ai pas grandi sous les ordres de la République. Je n’ai pas un tampon. Je ne suis pas ministre à vie. Je suis une personne avant tout"

Elle a ensuite défendu sa participation aux Traîtres comme une ouverture vers d’autres horizons : "J’ai toujours dit que moi, ce qui m’intéressait, c’était d’être un trait d’union entre les différents univers. Et je vais te dire, moi, j’ai adoré aller dans Les Traîtres, comme j’adore venir ici et rencontrer des gens qui ne sont pas de mon univers. Savoir ce que Polska pense de la présidentielle, en vrai, je vais être honnête, ça m’intéresse. (…) Je déteste le sectarisme", s’est-elle insurgée avant de regretter : "On m’a dit toute ma vie politique que j’étais dans des endroits où je ne devais pas aller"

L’ambition d’une tarte ?

"Est-ce qu’une ministre doit aller chez Cyril Hanouna ? J’ai été huée par 340 sénateurs qui avaient l’air d’être mes grands-parents parce que je venais sur ce plateau. Est-ce que je dois être en couv’ de Playboy pour aller parler des droits des femmes à des gens qui n’ont pas l’habitude de les entendre ? Et aujourd’hui, c’est un peu daté, ce débat, de dire que je vais quelque part, que je ne dois pas aller", a-t-elle ajouté. Et de conclure, toujours avec son sens de la formule : "Je ne souhaite pas rentrer dans le moule. Rentrer dans le moule, c’est l’ambition d’une tarte. Vous n’êtes pas des tartes, donc respectons-nous et pouvons-nous faire des choses qui soient un peu différentes, qui soient des pas de côté et qui soient parfois aussi un peu légères ?"

Par
Kahina Boudjidj